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Reporters Sans Frontières

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Argentine

Publié le 7 février 2008

Mari et femme se sont succédé à la tête de l’État. Vainqueur haut la main de la présidentielle du 28 octobre 2007, Cristina Fernández a pris, le 10 décembre, la tête de l’exécutif en lieu et place de son époux, Néstor Kirchner, arrivé au terme de ses quatre ans de mandat. Un mandat durant lequel le président sortant, très remonté contre les médias et en particulier le quotidien de droite La Nación, n’a jamais organisé une seule conférence de presse dans le palais présidentiel de la Casa Rosada. Réputée plus charismatique et plus à l’aise que son mari devant une forêt de micros et de caméras, Cristina Fernández saura-t-elle apaiser les tensions entre la presse et le pouvoir comme y sont parvenus ses homologues uruguayen ou brésilien ? Les journalistes argentins n’ont pas oublié qu’elle les avait qualifiés publiquement d’“ânes” et d’“ignorants” un 9 juillet 2006, jour de la fête nationale.

Si les attaques directes contre les médias et les entraves à la liberté de la presse ont globalement diminué en 2007, elles demeurent à un niveau élevé - plus d’une vingtaine - dans un pays doté d’une solide tradition journalistique. L’agression spectaculaire, le 13 septembre dans la capitale, de Tomás Eliaschev, rédacteur du site perfil.com (issu du groupe du même nom) a révélé un profond malaise au sein même de la profession. L’affaire est, en effet, partie d’un conflit du travail entre l’Union des travailleurs de presse de Buenos Aires (UTPBA) et la direction du groupe Perfil, après le licenciement abusif de l’un de ses rédacteurs en chef, Alejandro Wall. Elle a également fait écho au limogeage de la Radio Nacional (publique), en décembre 2005, du propre père de la victime, José “Pepe” Eliaschev.

Le cas de Claudia Acuña a également marqué les consciences. Fondatrice d’une agence de presse en ligne, La Vaca, et d’un quotidien affilié à celle-ci, MU, la journaliste est aussi l’auteur d’un livre d’enquête remarqué sur la prostitution à Buenos Aires, dans lequel elle dénonçait l’implication de certaines autorités. De là, selon elle, le harcèlement policier dont elle a fait l’objet au cours du mois de juillet, des fonctionnaires relevant systématiquement les identités des personnes cherchant à se rendre à son domicile.

Censures et mauvais souvenirs

C’est, bien sûr, en province, que des médias plus exposés à la susceptibilité des autorités locales subissent les pressions les plus directes. Le quotidien El Observador, basé dans la province de Santa Fe (Centre-Est) a vu son imprimerie fermée sans préavis, le 25 juillet, sur ordre de la municipalité de San Lorenzo avec laquelle il était en conflit ouvert. Un peu plus tôt, en mars, dans la province de Santa Cruz (dont Néstor Kirchner était le gouverneur avant d’accéder à la présidence), Marta Savorido, soupçonnée de complaisance envers des enseignants en grève, a été priée de prendre congé de la station LU14 Radio Provincia où elle animait un programme. Accusé d’“injure” envers le gouverneur de Salta (Nord-Ouest) pour l’avoir mis en cause dans un détournement de fonds, Sergio Poma, propriétaire et directeur de la radio FM Noticias, a écopé, le 4 septembre, d’une condamnation inédite à un an de prison avec sursis et surtout à un an d’interdiction d’exercer sa profession. Le dossier a été transmis à l’administration fédérale et la décision pourrait créer, en cas de confirmation, une redoutable jurisprudence.

Toujours à Salta, la détention et le passage à tabac de Darío Illanes, du quotidien régional El Tribuno, le 1er août, sont venus rappeler de sinistres méthodes. Rendu dans un centre de détention pour mineurs, le journaliste a été préalablement embarqué de force par trois policiers en civil dans une voiture sans plaque d’immatriculation. Les “disparitions” d’opposants commençaient de cette manière entre 1976 et 1983. Le journaliste a été libéré grâce à l’intervention de ses collègues et les trois fonctionnaires ont été suspendus. Le 13 septembre, Carlos Furman, directeur de programmes de la station FM 2 de Octubre a enduré le même acharnement dans un commissariat de la province d’Entre Ríos (Est), après avoir dénoncé une profanation de cimetière et l’indifférence des autorités. Le journaliste, en guerre contre la corruption locale, fait l’objet d’un harcèlement régulier. Il a été libéré le 14 septembre.

Du 20 décembre 2006 au 16 mars 2007, le pays comptait deux journalistes incarcérés préventivement pour “incitation à la violence”, “incendie aggravé” et “blessures” dans la province de Córdoba (Centre-Nord), après une manifestation faisant suite à un infanticide. Néstor Pasquini, propriétaire de la station FM Show et correspondant du réseau radiophonique Red Panorama, et Hugo Francischelli, de la station FM 97.3, ont purgé trois mois de prison pour rien. Ils ont été libérés faute de preuve et les poursuites abandonnées.

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Au procureur du district d’Alameda, Californie, au maire de la ville d’Oakland, Californie, au procureur général de l’Etat de Californie, et au procureur général des Etats-unis

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