Publié le 3 mai 2006
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Confronté à une contestation sociale grandissante et à des journalistes de moins en moins dociles, le gouvernement a choisi d’imposer un black-out de l’information. La presse est contrainte à l’autocensure, Internet est épuré et les médias étrangers tenus à l’écart.
Les arrestations de journalistes, notamment de collaborateurs chinois de médias étrangers, se sont poursuivies en 2005. Ching Cheong, reporter hongkongais d’un quotidien singapourien, a été emprisonné pour « espionnage ». De même, Zhao Yan, collaborateur du New York Times, récompensé par le prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2005, va être jugé pour « divulgation de secrets d’Etat. » Au Tibet, cinq moines, auteurs d’une publication clandestine, ont été arrêtés, tandis qu’au Xinjiang musulman, le directeur d’une revue littéraire a été condamné à trois ans de prison. Au 1er janvier 2006, au moins 32 journalistes étaient détenus dans le pays.
Chaque jour, les rédacteurs en chef des médias chinois reçoivent du Département de la propagande, rebaptisé Département de la publicité, la liste des sujets interdits. Manifestations de paysans, de chômeurs ou de Tibétains, rien n’échappe aux censeurs qui entretiennent un climat de peur au sein des rédactions. Ainsi, quand l’armée tire sur des villageois en décembre, des mesures draconiennes sont mises en place : la presse n’a le droit de publier que les informations de la très officielle agence de presse Xinhua, les reporters étrangers sont persona non grata dans la région et toute référence au village est gommée du Web.
De même, l’annonce de la mort de l’ancien Premier ministre Zhao Ziyang, déchu depuis 1989, est bannie par le pouvoir. Son nom est absent des télévisions, des forums de discussion et des moteurs de recherche. En décembre, la presse n’a pas été autorisée à publier un mot sur la mort en exil du journaliste Liu Binyan, surnommé la « conscience de la Chine ».
En 2005, au moins seize journalistes étrangers ont été interpellés par la police alors qu’ils enquêtaient sur des sujets sensibles. La Chine populaire n’a pris aucun engagement pour garantir leur liberté de travail avant les Jeux olympiques de 2008.
La télévision et la radio sont encore plus contrôlées que la presse écrite. Le Département de la publicité a ainsi sanctionné des présentateurs de Guangdong TV, jugés trop libres. Les chaînes étrangères ne sont pas accessibles pour la majorité des citoyens. Elles sont censurées quand elles abordent la situation des droits de l’homme, Taiwan ou le mouvement spirituel Falungong.
Un directeur de publication est catégorique : le gouvernement autorise « à divertir et à inciter à consommer ». C’est également dans ces secteurs que les groupes de presse étrangers ont le droit d’investir. Malgré les promesses annoncées lors de son adhésion à l’OMC, la Chine n’a toujours pas ouvert son marché aux médias d’information étrangers.
A Hong Kong, les journalistes restent libres, bien qu’un sondage ait révélé que près de la moitié de la population pense qu’ils s’autocensurent. Les autorités ont été, pour l’instant, incapables d’élucider une tentative d’assassinat, par lettre piégée, qui visait le rédacteur en chef du quotidien Ming Pao.
Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !