Publié le 24 octobre 2006
23 janvier 2010 - Vers la création d’une super-police des chaînes satellitaires arabes ?
3 décembre 2009 - Le prix de la liberté de la presse décerné à l’israélienne Amira Hass et au trimestriel tchétchène Dosh
17 novembre 2009 - Le Sahara occidental, sujet difficile à couvrir pour les médias
Des améliorations en Afrique du Nord, sauf en Tunisie
La situation s’est améliorée en Algérie et au Maroc où les pouvoirs en place se sont montrés relativement plus tolérants envers la presse que lors des années précédentes. Par ailleurs, pour la première fois depuis sa création, Reporters sans frontières a pu se rendre en Libye afin d’y rencontrer des officiels.
Le recul des lignes rouges imposées par le Palais et l’ouverture du paysage audiovisuel ont permis au Maroc (97e) de gagner vingt-trois places par rapport à l’an dernier. Toutefois, deux hebdomadaires indépendants, Tel Quel et Le Journal hebdo ont été condamnés en 2006 à payer des amendes exorbitantes suite à des condamnations pour diffamation.
Également en progression, l’Algérie (126e) et la Libye (152e) ont gagné respectivement trois et dix places au classement mondial. Si les journalistes algériens ont connu une trêve suite à la grâce présidentielle partielle décrétée par Abdelaziz Bouteflika en juillet 2006, aucune réforme structurelle n’a été mise en place pour améliorer la situation de la liberté de la presse. En Libye, les autorités ont permis un meilleur accès à l’information, notamment à travers Internet et les chaînes satellitaires arabes et étrangères. Toutefois le gouvernement de Mouammar Kadhafi se montre toujours aussi répressif envers les voix critiques.
En Tunisie (148e), les saisies de journaux, les licenciements abusifs et suspensions de salaires font partie du lot quotidien des journalistes. Le Sommet mondial sur la liberté de l’information, organisé à Tunis en novembre 2005, a été une véritable mascarade. Plusieurs journalistes étrangers présents ont été étroitement et ouvertement surveillés pas les services de renseignements. À la veille de l’ouverture du sommet, un journaliste du quotidien Libération a été passé à tabac et poignardé, une équipe de la télévision belge RTBF a été molestée et deux journalistes de TV5 ont été harcelés.
Une répression continue en Iran, Syrie et Arabie saoudite
Les mêmes pays figurent depuis des années en queue de classement. En Arabie saoudite (161e), en Syrie (153e) et en Iran (162e), la presse indépendante est toujours inexistante tandis que les médias autorisés demeurent des instruments de propagande. Les hommes du pouvoir exercent un contrôle sans faille sur l’information en établissant de nombreuses lignes rouges à ne pas franchir. L’autocensure y reste encore le meilleur moyen de protection des professionnels des médias. Par ailleurs, les journalistes étrangers n’obtiennent que trop rarement des visas.
Abdel Kareem Nabil Suleiman, plus connu sous le nom de plume Kareem Amer, a été arrêté, le 6 novembre 2006, pour des articles publiés sur son blog.