Publié le 7 décembre 2004
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Ouyang Yi, emprisonné depuis deux ans pour avoir créé un site en faveur de la démocratie, a été libéré, le 4 décembre 2004, au terme de sa peine. Il lui est toutefois interdit de publier ses écrits et reste sous la surveillance étroite de la police.
Reporters sans frontières se réjouit de cette libération mais note que le cyberdissident a écopé d’une deuxième peine." Ouyang Yi est certes sorti de prison, mais il n’a plus le droit d’exercer son métier d’enseignant ni de vivre de sa plume. Son cas est exemplaire des méthodes utilisées par le pouvoir pour réduire les intellectuels "subversifs" au silence", a déclaré l’organisation.
Ouyang Yi est aujourd’hui sans ressources. Il ne pourra publier à nouveau des articles que dans deux ans. Le cyberdissident doit en outre signaler à la police ses moindres déplacements.
Rappel des faits
Ouyang Yi avait été arrêté, le 4 décembre 2002, pour la cinquième fois en six ans. Il avait été condamné à deux ans de prison, le 16 mars 2004, par la Cour intermédiaire populaire de Chengdu (sud-ouest du pays) pour "incitation à la subversion d’Etat".
Il était l’un des 192 signataires d’une lettre ouverte diffusée lors du 16e Congrès du Parti communiste chinois. Cette lettre formulait six requêtes politiques, parmi lesquelles une réhabilitation du mouvement démocratique de 1989, le droit au retour des exilés politiques chinois, la libération des prisonniers de conscience, la ratification par le Congrès national populaire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la tenue d’élections démocratiques. Les autres cyberdissidents ayant signé ce texte - He Depu, Zhao Changqing, Sang Jiancheng, Dai Xuezhong, Han Lifa, Jiang Lijun - sont toujours emprisonnés.
En Chine, 61 personnes sont actuellement derrière les barreaux pour avoir diffusé sur Internet des textes critiques envers les autorités.
Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !