Publié le 10 avril 2009
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Reporters sans frontières exprime sa déception après que le parquet général a décidé, le 9 avril 2009, de refermer l’enquête sur la mort de Iouri Chtchekotchikhine. Ce journaliste du bihebdomadaire Novaïa Gazeta, par ailleurs député de la Douma (Parlement) est décédé dans des circonstances suspectes en juillet 2003.
« Nous sommes déçus de voir que les efforts entrepris par les collègues du journaliste n’ont pas abouti. Il n’y a de toute évidence pas de volonté politique suffisante pour élucider ce crime. En Russie, l’impunité semble être la règle qui est posée encore une fois aux autorités », a déclaré Reporters sans frontières.
Le 9 avril 2009, le comité d’enquête du parquet général a annoncé qu’il avait mis un terme aux investigations concernant la mort de Iouri Chtchekotchikhine, après les avoir relancées il y a un an. Les enquêteurs n’ont pas trouvé sur la dépouille du journaliste de traces de crime ou de mort violente et attribuent le décès à une forte réaction allergique. Le fils du journaliste a annoncé avoir l’intention de faire appel de cette décision.
Le 2 juillet 2003, Iouri Chtchekotchikhine, rédacteur en chef adjoint du bihebdomadaire Novaïa Gazeta et député à la Douma du parti d’opposition Iabloko, décédait à l’hôpital, dix jours après avoir été admis dans le coma. Les médecins avaient conclu à une mort naturelle liée à une allergie, mais les collaborateurs du journaliste ont toujours envisagé la thèse d’un empoisonnement. Le journaliste avait reçu des menaces à plusieurs reprises.
Iouri Chtchekotchikhine travaillait sur des affaires de corruption dans les hautes sphères du pouvoir et sur le dossier tchétchène. Il participait à une commission indépendante de parlementaires sur les allégations portées contre le FSB (ex KGB) dans le cadre des attentats contre des immeubles d’habitation en 1999 à Moscou, Bouïnask et Volgodonsk. Ces violences avaient été le point de départ de la seconde guerre de Tchétchénie déclenchée par Vladimir Poutine, alors Premier ministre.
A deux reprises, en 2003 et en 2006, les autorités avaient refusé d’ouvrir une information judiciaire. Pourtant, en mars 2008, le comité d’enquête du parquet général avait lancé des investigations pour « meurtre ».
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