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Népal

Publié le 1er février 2007

Avant d’être balayé par une révolution démocratique, le roi Gyanendra avait mis en péril l’existence même de la presse indépendante. Au début de l’année, plusieurs centaines de journalistes ont été arrêtés, agressés, censurés ou menacés par des forces de l’ordre déchaînées. La presse, en première ligne de la lutte contre le monarque, a progressivement regagné ses droits à partir d’avril.

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Rapport en népalais
Rapport RSF en népalais

La révolution démocratique qui a permis, en avril 2006, la restauration du Parlement, puis, en novembre, la signature d’un accord de paix et de partage du pouvoir historique avec les maoïstes, a mis fin à une répression tous azimuts des médias indépendants et d’opposition. Jusqu’à sa chute, le roi Gyanendra, prédateur de la liberté de la presse, avait maintenu une forte censure dans le pays. Le monarque, autoproclamé chef du gouvernement, avait réduit à néant la quasi-totalité des protections constitutionnelles et légales acquises par la presse depuis 1990. Par ailleurs, plus d’un millier de journalistes avaient été licenciés et la crise économique provoquée par le gouvernement avait touché de très nombreux médias.

Pendant les manifestations démocratiques du 1er février 2006, un an après la reprise en main du pouvoir par le roi, plus d’une cinquantaine de journalistes ont été interpellés alors qu’ils participaient ou couvraient des manifestations organisées dans tout le pays par la Fédération des journalistes népalais (FNJ). Certains, comme Shyam Shrestha, rédacteur en chef du mensuel d’opposition Mulyankan, ont été détenus pendant plusieurs mois par la police en vertu de lois drastiques sur la sécurité. Et souvent dans des conditions effroyables. La jeune journaliste Bhawana Prasain du mensuel Majdur Aawaj, a été torturée et menacée de viol par des soldats pendant sa détention, en février.

Pendant la révolution d’avril, plus d’une dizaine de civils ont été tués par les forces de sécurité. Les journalistes, en première ligne des manifestations, ont été particulièrement visés par la police et l’armée. Entre le 5 et le 10, près de cent représentants de la presse ont été interpellés ou arrêtés, la plupart sans mandat. Reporters sans frontières a également recensé au moins 117 cas de professionnels des médias agressés ou blessés, dont une dizaine par balles, par les forces de sécurité, alors qu’ils couvraient des manifestations. Dans la très grande majorité des cas, les reporters, identifiables, ont été délibérément agressés par la police. Par exemple, Tilak Koirala et Janak Pandit, reporters de la chaîne Nepal One, ont été matraqués par des policiers, le 23 avril, à Katmandou. Cinq journalistes ont également été blessés par balles, le 19 avril, dans le district de Jhapa (Est).

Face à la mobilisation populaire, le Palais a renforcé la censure. Le 13 avril, le ministère de l’Information et de la Communication a exigé des opérateurs de télévision par câble qu’ils ne diffusent plus les programmes de la chaîne Kantipur TV (KTV) et des autres chaînes d’information. Plusieurs radios FM ont également été censurées.

La FNJ a effectué un travail extraordinaire qui a permis à la presse de regagner, dans la rue et dans les tribunaux, ses droits confisqués par le gouvernement. Ainsi, le 5 avril, une douzaine de journalistes, dont le président et le secrétaire général de la FNJ, ont été interpellés après avoir été les premiers à briser le couvre-feu et l’interdiction de manifester, imposés par les forces de sécurité dans tout le pays. Le lendemain, vingt-quatre journalistes dont Kanak Dixit, célèbre directeur du Himal South Asia, ont été interpellés sans ménagement par la police. Les manifestants scandaient des slogans contre la censure de la presse.

Après l’annonce de la restauration du Parlement, des militants s’en sont pris à des journalistes de la presse gouvernementale. Des manifestants ont ainsi vandalisé les bureaux de Shankar Thapa, correspondant de Radio Nepal à Dipayal (Ouest).

Une fois le gouvernement de Girija Prasad Koirala mis en place, les libertés publiques ont été restaurées une à une. La Cour suprême a annulé en mai l’article 8 de la Loi sur la radio et télédiffusion et l’article 15(1) de la Loi sur les publications et les journaux, jugés anticonstitutionnels. Le 9 mai, le gouvernement a décidé d’annuler une ordonnance sur les médias - interdisant notamment aux radios FM de diffuser des informations - promulguée par Gyanendra. De même, les autorités ont abrogé la loi antiterroriste qui avait été utilisée à maintes reprises pour emprisonner des journalistes. Dans la foulée, les autorités ont accordé de nouvelles licences à des radios et des télévisions privées, puis ont levé la censure de tous les sites Internet mise en place par le gouvernement précédent.

Le Parti communiste népalais-maoïste (CPN-M) a commis, en 2006, moins d’attaques contre les journalistes que lors des années précédentes. Des membres du Comité central du CPN-M se sont engagés auprès de Reporters sans frontières, en mars, à garantir la liberté d’expression et le droit des journalistes à se déplacer librement pour exercer leur profession. En novembre, le leader du CPN-M, Prachanda, a annoncé que son parti mettait fin à onze années de lutte armée, après avoir signé avec les partis démocratiques un accord qui prévoit la mise en place d’une Assemblée constitutionnelle et d’un gouvernement transitoire. Pour autant, dans les régions qu’ils contrôlent, les maoïstes ont régulièrement menacé la presse. En août, 21 personnes, dont 12 journalistes, ont été interpellées par un groupe de maoïstes dans le district de Bara (sud du pays). Le photographe Ram Sarraf a été malmené. De même, en octobre, le correspondant du groupe Kantipur et président de la Fédération des journalistes népalais à Khotang (Est), a été menacé et accusé de diffusion de fausses informations par des cadres du Parti maoïste.

D’avril à décembre 2006, des militants maoïstes ont détenu, agressé, convoqué abusivement ou censuré au moins quinze journalistes. “Les maoïstes ne veulent toujours pas que la presse connaisse leurs imperfections. (...) Les journalistes sont toujours sous pression psychologique et sous la menace quand ils publient ou transmettent des informations critiques sur eux”, a affirmé la FNJ.

Au total, au moins 245 journalistes ont été arrêtés au Népal en 2006, tandis que 180 autres ont été blessés, agressés ou menacés. Enfin, au moins 30 médias ont été censurés, et quatre autres détruits lors des affrontements entre l’armée et les maoïstes.

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Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !

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