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Pakistan - Rapport annuel 2006

Publié le 3 mai 2006

Le général-président Pervez Musharraf s’en est pris alternativement aux médias qui contestent son alliance avec les Etats-Unis et à la presse d’investigation qui dénonce la corruption et les abus de pouvoir. Le travail des journalistes dans les zones tribales et au Cachemire est toujours aussi dangereux.

En mai 2005, le Parlement a adopté des amendements ambigus à la loi sur les médias électroniques. Ils libéralisent le secteur, mais ils donnent aux autorités le pouvoir de saisir du matériel, de retirer des licences, d’initier des enquêtes et de procéder à des arrestations sans mandat. Toute violation de ce texte peut entraîner des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement. En novembre, la police a appliqué la loi : la station Mast FM 103 a été fermée pour avoir rediffusé un programme spécial sur le tremblement de terre du service en ourdou de la BBC World Service.

Durement frappé par le terrorisme djihadiste, le Pakistan peut compter sur une presse dynamique et pluraliste. Les publications en anglais sont moins contrôlées que les journaux populaires en ourdou. Mais les journalistes d’investigation sont toujours les cibles des services de sécurité militaires qui n’hésitent pas à harceler ceux qui les dérangent. Ce fut le cas de Rashid Channa, un journaliste confirmé du quotidien Star, retenu pendant plusieurs heures à Karachi.

En revanche, une Cour spéciale de Quetta a abandonné, en mars, les poursuites contre le journaliste Khawar Mehdi Rizvi qui avait été détenu au secret et torturé pendant plusieurs semaines par l’armée pour avoir accompagné deux reporters français à la frontière afghane en 2003. Contraint de fuir son pays, le journaliste avait été accusé par le général Pervez Musharraf d’avoir trahi son pays pour "quelques dollars".

Dans les zones tribales, deux correspondants de médias étrangers ont été tués. L’enquête n’a jamais abouti. Menacés par les taliban, les journalistes doivent également composer avec la surveillance et les obstructions de l’armée. En décembre, le correspondant de deux quotidiens nationaux a été enlevé dans des conditions mystérieuses au Waziristan. Il venait de contredire la version officielle sur la mort d’un chef d’Al-Qaida.

De même, au Cachemire, ravagé par un tremblement de terre le 8 octobre 2005, la presse locale a peu de libertés. Après avoir largement facilité l’accès aux centaines de journalistes pakistanais et étrangers, l’armée a imposé en décembre, certaines restrictions au déplacement des reporters. Une équipe de la BBC a notamment été refoulée d’une zone reculée.

Plus généralement, les autorités ne voient pas d’un très bon œil les investigations des journalistes étrangers. En août, deux réalisateurs suédois et un troisième, britannique d’origine afghane, ont été détenus pendant deux semaines pour avoir tourné des images près d’une base militaire. Malgré le réchauffement des relations avec l’Inde, une journaliste de New Delhi a été refoulée en juillet.

Confrontées à une presse radicale qui encense le djihadisme, les autorités ont mené en juillet une vaste opération à Karachi visant à fermer des "médias de la haine". Mais les perquisitions et les arrestations ont également touché des journalistes moins radicaux.

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Rapport annuel 2006 Urdu

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Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !

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