Publié le 10 novembre 2009
13 janvier 2010 - Un reporter vraisemblablement détenu par l’armée, après avoir été kidnappé par les taliban
22 décembre 2009 - Quatre morts au Club de la presse de Peshawar lors d’un attentat-suicide
18 décembre 2009 - Un journaliste baloutche, dont on était sans nouvelles depuis huit jours, était en fait détenu par la police
"Nous sommes conscients des risques pour la sécurité des professionnels des médias, mais l’absence d’accès au Waziristan pour les médias pakistanais et étrangers n’est pas acceptable en l’état", a affirmé Reporters sans frontières. L’armée pakistanaise, engagée dans une opération d’envergure dans les zones tribales, limite drastiquement l’accès des médias aux zones de combats mais également à certains camps de réfugiés. De fait, le Waziristan-Sud est fermé à la presse et aux humanitaires.
"Alors que les chaînes de télévision pakistanaises se sont engagées sur un code de bonne conduite qui concerne notamment la couverture de la situation sécuritaire, les autorités d’Islamabad devraient faire preuve de plus de tolérance, et permettre à des groupes de journalistes de se rendre de manière indépendante dans certaines zones du Waziristan. L’absence de couverture indépendante sur la situation dans les zones tribales, notamment sur le sort des civils du Waziristan, est contraire aux exigences de transparence. Il n’est pas acceptable que la presse ne soit invitée sur le terrain que pour constater les ’victoires militaires’", a ajouté l’organisation.
Depuis le 17 octobre, et le début de l’offensive "Chemin de la délivrance" contre les taliban, les sources d’informations indépendantes, notamment sur la situation des civils, sont de plus en plus rares. Les agents du service d’information de l’armée, Inter Services Public Relations (ISPR), font pression depuis plusieurs semaines sur de nombreux médias pour les inciter à n’utiliser que les informations officielles pour couvrir la situation au Waziristan. L’ISPR tient chaque jour des points de presse sur l’avancée de l’opération.
L’armée a organisé au moins deux visites sur le terrain pour permettre aux médias de constater leurs ’victoires’ sur les taliban. Les journalistes héliportés depuis Islamabad ou Peshawar n’ont pas été autorisés à se déplacer librement dans les zones visitées.
Quelques journalistes ont été autorisés à se rendre dans les plus grands camps de réfugiés près de Dera Ismail Khan. Mais l’accès aux dizaines de milliers de déplacés n’est pas complètement libre pour la presse.
La semaine dernière, une dizaine de journalistes étrangers ont été refoulés par la police à Mianwali, la dernière ville du Pendjab avant d’entrer dans la province NWFP, près de Dera Ismail Khan. "J’ai été détenu pendant cinq heures par la police à Mianwali", a expliqué un reporter européen à Reporters sans frontières.
Interrogé par Reporters sans frontières, un représentant des Nations unies à Islamabad a qualifié le manque d’accès au Waziristan de "grande difficulté".
Déjà, avant le début de l’offensive, l’accès aux zones tribales était extrêmement difficile. Ainsi, les 8 et 9 septembre dernier, des journalistes, notamment de l’agence Associated Press, avaient été refoulés de Dera Ismail Khan. Par ailleurs, Tank a été inaccessible à la presse après l’installation de barrages de l’armée autour de la ville.
Par ailleurs, Reporters sans frontières demande aux autorités pakistanaises de remédier au plus vite à la situation d’insécurité à laquelle sont confrontés les reporters dans la province du Baloutchistan, comme l’a révélé un rapport de l’organisation des journalistes PFUJ.
Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !