Publié le 11 mai 2004
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Reporters sans frontières a exprimé sa vive inquiétude face à la dégradation de l’état de santé du cyberdissident Wang Jinbo. Agé de 32 ans, il est, selon sa famille, régulièrement battu par ses codétenus, apparemment encouragés par les gardiens de la prison. "Il avait l’air vraiment faible, souffrait d’une mauvaise toux et se plaignait d’une fièvre constante", a déclaré son père, après une visite, le 15 avril 2004.
Wang Jinbo a mené plusieurs grèves de la faim, entendant protester contre ses conditions de détention. Le cyberdissident ne cesse de clamer son innocence depuis son arrestation, le 9 mai 2001. Il a écrit de nombreuses lettres dénonçant les mauvais traitements dont il est victime. Un de ses amis activistes démocrates se souvient qu’avant son jugement, la police avait enchaîné les pieds du cyberdissident au sol pendant dix jours en guise de "punition".
Le 14 janvier 2002, on apprend que Wang Jinbo a fait appel de sa condamnation à quatre ans de prison prononcée le 13 décembre dernier. Le dissident a par ailleurs entamé le 9 janvier une grève de la faim pour protester contre l’interdiction de recevoir des visites de sa famille. Selon la mère du cyberdissident, la police leur refuse le droit de visite tant que "l’affaire n’est pas close".
Dans une lettre adressée à Fusen Zhang, ministre chinois de la Justice, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre la condamnation à quatre ans d’emprisonnement de Wang Jinbo, cyberdissident et membre du Parti démocrate chinois (interdit), pour diffusion d’informations "subversives" sur Internet. RSF a demandé au ministre sa libération immédiate, ainsi que celle des dix-huit autres cyberdissidents actuellement détenus en Chine. "Cette nouvelle condamnation ne fait que confirmer à quel point le gouvernement chinois reste un ennemi d’Internet et de la liberté d’expression", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. Enfin, RSF a demandé au ministre de fournir des informations sur le procès du cyberdissident Huang Qi, dont le verdict est en attente depuis le 23 février 2001.
Selon les informations recueillies par RSF, Wang Jinbo a été reconnu coupable de "subversion", le 13 décembre 2001, par le tribunal intermédiaire de Linyi (province du Shandong, à l’est du pays) et condamné à quatre ans de prison pour avoir envoyé par courrier électronique des articles critiquant l’attitude des autorités face au mouvement démocratique de 1989. Le procès s’était déroulé en novembre, mais le verdict n’avait pas été annoncé. Selon un juge siégeant à la cour, le dissident compte faire appel. Wang Jinbo, âgé de 29 ans, a été arrêté le 9 mai 2001 par la police de Junan (province du Shandong) pour avoir notamment exigé la révision du verdict officiel porté sur le mouvement de 1989 et réclamé la libération des prisonniers politiques. Membre du Parti démocrate chinois, il a déjà été placé en détention à plusieurs reprises en raison de ses activités politiques. Il avait ainsi été interpellé le 22 février 2001 après avoir cosigné une lettre adressée au Comité international olympique (CIO) dénonçant la répression contre les démocrates comme contraire à l’esprit olympique. Wang Jinbo a déjà effectué plusieurs grèves de la faim en prison et son état de santé se serait rapidement dégradé depuis sa dernière incarcération.
Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !