Publié le 16 mars 2004
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La famille de Yang Jianli a écrit une lettre dénonçant l’illégalité de sa détention au regard du code pénal chinois. En effet, le cyberdissident est emprisonné à Pékin depuis vingt-deux mois. Il a été jugé le 4 août 2003, et le verdict a été mis en délibéré. Les autorités avaient quatre mois pour se prononcer, en vertu du code pénal chinois. Ce délai passé, le maintien en détention de Yang Jianli constitue une infraction au droit chinois. La lettre a été remise le 12 mars 2004 au comité permanent de l’Assemblée nationale populaire. Depuis, une pétition a été lancée sur le site Internet www.yangjianli.com.
Reporters sans frontières soutient cette pétition lancée par sa femme Christina Fu, de nationalité américaine, et demande sa libération immédiate. L’organisation appelle également le secrétaire d’Etat américain Colin Powell à faire pression sur les autorités chinoises pour obtenir la libération de Yang Jianli, résident permanent aux Etats-Unis depuis 1992, mari et père de citoyens américains.
Le cyberdissident demande également à pouvoir parler avec son avocat chinois, Maître Mo Shaoping, sans que des gardiens de la prison et des agents de la sécurité d’Etat enregistrent leur conversation. Enfin, il réclame le droit d’écrire des lettres et conteste le fait d’avoir dû attendre quatorze mois avant de pouvoir rencontrer son avocat. Le 3 mars 2004, en signe de protestation, Yang Jianli aurait décidé d’entamer une grève de la faim.
Yang Jianli était le rédacteur en chef de la revue électronique dissidente Yibao (www.chinaeweekly.com). Il a été arrêté en avril 2002 alors qu’il était retourné en Chine en utilisant le passeport d’un ami pour enquêter sur des grèves ouvrières au nord-est du pays. Il y revenait pour la première fois depuis son expulsion pour avoir participé aux manifestations de la place Tiananmen, en 1989.
Officiellement arrêté pour "absence de passeport valide", Yang Jianli est en fait victime de la politique de répression du gouvernement chinois envers les dissidents politiques. Ainsi, le 17 juillet 2003, il a été inculpé "d’entrée illégale sur le territoire chinois" et "d’espionnage en faveur de Taïwan".
Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !