Publié le 10 octobre 2007
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En partenariat avec Reporters sans frontières et l’organisation Chinese Human Rights Defenders, un expert chinois appartenant à une entreprise du secteur Internet a enquêté et rédigé, sous couvert d’anonymat, un rapport exclusif qui détaille le système de censure, de surveillance et de propagande du Web mis en place par les autorités chinoises.
À la veille de l’ouverture du 17e Congrès national du PCC, Reporters sans frontières et Chinese Human Rights Defenders appellent les autorités de Pékin à assouplir leur surveillance et leur contrôle d’Internet pour que les Chinois puissent exercer leurs droits à l’expression, à l’information et à la liberté de la presse. "Ce système de censure qui n’a pas d’équivalent dans le monde est une insulte à l’esprit de liberté du Web. À moins d’un an des Jeux olympiques de Pékin, il est urgent que le gouvernement cesse de bloquer des milliers de sites Internet, de censurer l’information sur le Web et d’emprisonner des internautes", ont affirmé les deux organisations.
Ce document montre comment le Parti communiste chinois (PCC) et l’Etat ont déployé des ressources humaines et financières colossales pour empêcher l’émergence d’une véritable liberté d’expression sur Internet. Les sites d’informations ont notamment été placés sous la tutelle éditoriale d’organes de propagande, au niveau national et local. L’utilisation d’Internet ne cesse de se généraliser en Chine, avec près de 160 millions d’internautes et 1,3 million de sites répertoriés. Mais la censure et le contrôle du Web tuent dans l’œuf la liberté d’expression et d’information promise par le réseau.
"Voyage au coeur de la censure d’Internet" dresse l’organigramme précis de ce système de contrôle, dont les
acteurs majeurs sont le Bureau de gestion de la propagande sur Internet du Bureau de l’information du Conseil d’Etat (gouvernement), le Bureau de l’information et de l’opinion publique du Département de la publicité (ex-propagande) et le Bureau Internet du Département de la publicité. Ce rapport décrit également comment le Bureau de gestion de l’information sur Internet de Pékin a, de fait, mis sous tutelle éditoriale les principaux sites d’informations basés dans la capitale. Des exemples de consignes envoyés par ce Bureau à des sites sont donnés dans le rapport.
La dernière partie du document consiste en une série de tests réalisés sur des mots-clés. Les résultats montrent très clairement qu’il existe encore des disparités dans la censure, mais que sur tous les sujets sensibles, les autorités ont convaincu les médias en ligne de s’autocensurer massivement.
Afin de contourner la censure, ce rapport préconise l’utilisation de proxies et des nouvelles technologies d’Internet (blogs, forums de discussion, téléphonie via Internet), mais conseille également de tirer profit de l’inégalité du niveau de censure entre provinces ou entre échelons administratifs.
Télécharger le rapport en intégralité
Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !