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Tensions entre la presse et les autorités de la République , pressions accrues sur les journalistes afin qu’ils révèlent leurs sources, réforme de l’audiovisuel public : la situation de la liberté de la presse en France se dégrade depuis quelques années.
Tensions entre la presse et les autorités de la République , pressions accrues sur les journalistes afin qu’ils révèlent leurs sources, réforme de l’audiovisuel public : la situation de la liberté de la presse en France se dégrade depuis quelques années.
L’année 2008 s’est ouverte dans un climat de tension entre le Président, le gouvernement et les médias. En février, Nicolas Sarkozy a choisi de rompre avec la pratique qui voulait que les chefs de l’Etat français ne poursuivent pas les journalistes. Il a porté plainte, au pénal, contre Le Nouvel Observateur, après la publication d’un article, par ailleurs inexact, relatif à un SMS qu’aurait envoyé le Président à son ex- épouse. En mai, c’est le député des Hauts-de-Seine et porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui a attaqué verbalement l’AFP pour n’avoir pas repris l’un de ses communiqués de presse. Le Président est revenu à la charge et a accusé les publications L’Express, Marianne, Le Parisien, Le Journal du Dimanche et l’Agence France-Presse de "s’attribuer la fonction d’opposition". Ensuite, la réforme de l’audiovisuel public, initiée en mai 2008 et promulguée début mars 2009, a mis en place la nomination des patrons des médias de service public en Conseil des ministres. Enfin, en avril 2009, quatre journalistes du site Internet Rue89 et de France 3 ont été convoqués par la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes (BRDP). Ils sont accusés de vol et de recel après que Rue89 a diffusé sur son site les propos tenus hors antenne par Nicolas Sarkozy, notamment à propos du service public dans les médias, avant une interview lors du journal du soir de France 3.
Parallèlement à cette détérioration des relations entre les autorités publiques et la presse, les mises en examen, convocations et perquisitions se sont multipliées de manière inquiétante tout au long de la période. L’Hexagone détient désormais le triste record européen en la matière. L’année 2008 a débuté par l’affaire Guillaume Dasquié (placé en garde à vue en décembre 2007) poursuivi pour « violation du secret défense » et s’est clôturée avec l’interpellation au petit matin de Vittorio de Filippis, soumis à une fouille au corps, avant d’être mis en examen pour une simple affaire de « diffamation ». Entre-temps, plusieurs rédactions ont été perquisitionnées, comme celle d’Auto Plus, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, ou encore de Tac Presse.
Accusés de violer bien des secrets (secret de l’instruction, secret professionnel ou secret défense) des journalistes ont fait l’objet de pressions, dont le but est d’identifier la source leur ayant permis d’accéder à l’information. Reporters sans frontières milite en faveur d’une inscription du principe du secret des sources dans la loi sur la presse de 1881. Nicolas Sarkozy s’y est engagé dans sa campagne électorale. Mais si un projet de loi a bien été déposé le 2 avril 2008, il est toujours en attente d’être examiné en deuxième lecture par l’Assemblée nationale, dont l’agenda est encombré.
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