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Kazakhstan

142 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 2 724 900 km2
  • Population : 15 300 000
  • Langues : kazakh, russe
  • Chef de l’Etat : Noursoultan Nazarbaev (depuis 1991)

Alors qu’il a pris en janvier 2010 la présidence de l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), le Kazakhstan a connu une dégradation de tous les indicateurs relatifs à la liberté de la presse. Une situation paradoxale qui demeure très inquiétante.

Actualisé le 4 mars 2010

C’est la première fois, depuis sa fondation en 1975 que l’OSCE est présidée par un pays issu de l’ancien bloc soviétique. Autant dire que la présidence kazakhe était attendue comme un test par nombre d’observateurs de la situation en Asie centrale, et au Kazakhstan en particulier. Malgré les exhortations et les mises en garde des organisations non gouvernementales, les violations de la liberté d’expression n’ont cessé de se multiplier depuis le début de l’année 2009.

D’une part, des décisions judiciaires téléguidées par le régime se sont abattues sur de nombreux titres de la presse indépendante ou d’opposition, comme le quotidien Tasjargan ou l’hebdomadaire Respublika, et condamnent à la faillite ces titres, au moyen d’ amendes astronomiques, selon une méthode utilisée il y a une dizaine d’années, époque que l’on croyait révolue. D’autre part, les journaux qui tentent de poursuivre leurs activités en s’enregistrant sous un nouveau titre (Moïa Respublika, Golos Respubliki) se voient dans l’impossibilité d’être imprimés dans le pays, en raison d’une consigne tacite du pouvoir. C’est dans ce contexte toujours plus tendu que plusieurs journalistes ont été interpellés. Le réacteur en chef d’Alma-Ata Info, Ramazan Eserguepov est ainsi privé de liberté depuis le 6 janvier 2009. Arrêté, à l’hôpital, pour avoir publié un article révélant des connivences entre le milieu des affaires et le service de la sécurité nationale (KNB) du Kazakhstan, il a été condamné à trois ans de prison et deux ans d’interdiction de publier. Le soutien dont il jouit dans la communauté journalistique est payé au prix fort par ses confrères. Ainsi plusieurs d’entre eux, ont été interpellés et condamnés à des amendes pour avoir manifesté en sa faveur et réclamé sa libération. C’est le cas notamment de Rozlana Taukina de l’association "Jurnalist v Bedie" (Journaliste en danger).

Les évolutions législatives observées sont tout aussi atterrantes. Une loi restreignant fortement l’activité éditoriale et la liberté d’expression sur Internet a été promulguée par le Président en juillet 2009, malgré les critiques de la communauté internationale. Le texte dispose que les blogs et les plateformes de discussion sont des “médias”, soumis au même régime juridique que la presse écrite traditionnelle et peuvent être jugé au pénal pour leurs écrits. Grâce à ce texte, les autorités sont en droit de bloquer des sites Internet s’ils couvrent sans autorisation des élections, des grèves, des manifestations et les questions ethniques. Pourtant, selon la Constitution kazakhe, “la liberté d’expression […] est garantie. La censure interdite.[…] Chacun a le droit de recevoir et d’envoyer librement des informations dans le cadre de la loi” (art. 20). Cette spirale répressive s’est confirmée en décembre 2009, avec l’adoption d’une loi restrictive sur la protection de la vie privée qui introduit des conditions drastiques pour le journalisme d’investigation.

Tous ces facteurs appellent une vigilance accrûe face à des évolutions qui sont autant de régressions, et envoient un signal désastreux aux gouvernements voisins, déjà peu enclins à préserver la liberté de la presse.

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