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Depuis la “révolution des roses” et l’élection de Kourmanbek Bakiev, en 2005, le Khirghizstan est entré dans une période d’instabilité politique. Celle-ci s’est traduite par une lente détérioration de la liberté de la presse.
En juin 2008, les autorités ont adopté une nouvelle législation qui revient sur tous les efforts entrepris depuis 2005 pour transformer la radiotélévision d’Etat en média public indépendant. Le texte prévoit que la nomination de son responsable relève des prérogatives du chef de l’Etat. Par ailleurs, certaines dispositions mettent en péril la diffusion de nombreux programmes, dès lors qu’ils ne sont pas en langue kirghize. A la fin de l’année, les relations entre les responsables publics et certains médias étrangers, dont Radio Free Europe/ Radio Liberty, se sont tendues. Le pouvoir a exigé que la diffusion des programmes de la radio soit soumise à une autorisation préalable. Un bras de fer qui a finalement trouvé une issue négociée.
Au printemps 2009, le climat politique s’est dégradé, notamment après la mort d’une figure majeure de l’opposition dans un accident de la route suspect. Plusieurs journalistes ont été agressés dans des circonstances rappelant l’agitation du printemps 2007, au cours duquel huit journalistes ont été passés à tabac par des militants au cours de meetings politiques.
De nombreux journaux et professionnels de la presse ont fait l’objet de perquisitions, de poursuites et d’amendes, lorsqu’ils ont traité de corruption dans les sphères du pouvoir. L’un d’entre eux a même dû quitter le pays. Un autre journaliste a cherché refuge à l’ambassade américaine pour échapper à un interrogatoire par les services secrets.
Enfin, aucun progrès n’a été réalisé dans l’enquête sur la mort d’Alisher Sayipov, assassiné à Osh en 2006. Après plusieurs aléas de procédures, la piste professionnelle a été écartée par les autorités, qui ont privilégié une hypothèse impliquant le fils d’un opposant.
Kirghizistan - 22 décembre 2009