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Kosovo

75 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie :10 877 Km2
  • Population : 2 100 000
  • Langues : albanais, serbe
  • Chef de l’Etat : Fatmir Sejdiu (depuis 2008)

L’indépendance autoproclamée, le 17 février 2008, fait du Kosovo le plus jeune Etat du continent européen. Si sa reconnaissance officielle continue d’alimenter les dissensions au sein de l’Union européenne, cette dernière a cependant décidé d’y déployer la mission Eulex, qui doit reprendre une partie des compétences détenues depuis juin 1999 par la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk), notamment dans les domaines de la police et de la justice. Les médias pourraient bénéficier de l’experience de cette mission pour développer un cadre de travail plus indépendant et se détacher des pressions économiques et politiques toujours très fortes.

La diffusion de la presse écrite est embryonnaire et laisse une large place aux médias audiovisuels, plus influents. La Radio Television du Kosovo (RTK), la chaîne la plus importante, évolue toujours sous l’influence directe du gouvernement. Son financement dépend du bon vouloir d’un Parlement peu pressé de se priver de l’influence qui découle de cette situation. Les mandats des directeurs de la station, qui ont expiré il y a trois ans, n’ont par ailleurs toujours pas été renouvelés. Sans réel statut, l’ancienne direction restée en place est à la merci des pressions du gouvernement. Si elle parvient à stabiliser ses investissements, l’influence grandissante de la chaine privée KTV pourrait cependant contrebalancer celle de RTK.

L’accès à l’information et aux données publiques reste difficile et n’est toujours pas garanti par la loi. Les bases d’une autorégulation dans les médias écrits ont été posées avec la création du Press Council of Kosovo. Composé de journalistes et d’éditeurs, cet organe de régulation peut imposer des droits de réponse ou des amendes aux journaux qui iraient à l’encontre du Code de Conduite des médias. Mais à l’image de la Commission des médias, le Press Council est sous l’influence du gouvernement.

Huit quotidiens nationaux appartiennent au secteur privé. Mais une partie d’entre eux dépend de partis politiques, ou de groupes économiques qui évoluent dans leur sphère d’influence. En l’absence d’investissements étrangers dans le secteur, ces derniers pratiquent régulièrement un « chantage à la pub », échangeant leur soutien économique contre une couverture médiatique avantageuse. L’indépendance des lignes éditoriales pâtit beaucoup de ce manque d’indépendance financière. L’autocensure qui mine une partie de la profession est par ailleurs aggravée par l’absence d’un réel statut social du journaliste.

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