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Le paysage médiatique de l’ancienne Bessarabie est riche et dynamique, malgré un marché intérieur limité. En 2006, l’adoption par le Parlement du nouveau Code de la presse audiovisuelle, après de vives discussions entre l’opposition et le Parti communiste, a été saluée comme une progrès par la communauté internationale. Mais ce nouveau cadre légal n’a pas mis un terme aux débats sur la ligne éditoriale des médias publics. Moldova 1 (chaîne publique filiale de TeleRadio Moldova), continue de consacrer plus de temps d’antenne au parti au pouvoir et en particulier à l’actualité du Président, du Premier ministre et du Parlement, qu’aux autres acteurs politiques.
Les publications qui dénoncent la corruption, notamment celle des dirigeants, ou qui révèlent l’origine de leurs revenus, s’exposent à des difficultés. Cela a été le cas du populaire Jurnal de Chisinau. En avril 2009, une série d’articles consacrés à la fortune du président Voronine devait être publiée. Mais l’édition contenant le premier article, consacré au fils du Président, n’a jamais atteint les kiosques. L’imprimerie, sous contrôle étatique, a argué d’un problème technique pour ne pas imprimer le numéro en question.
Le climat de tension politique, consécutif à la contestation par l’opposition du résultat des élections législatives du 5 avril 2009, a eu un impact direct sur la presse, prise à partie par des manifestants, mais surtout, assimilée à un ennemi par les forces de l’ordre. La rédactrice en chef du Jurnal de Chisinau a été arrêtée et détenue plusieurs heures. Oleg Brega, un journaliste de la chaîne JurnalTV, appartenant au même groupe que Jurnal de Chisinau, a été agressé par plusieurs individus le 8 avril. Le lendemain, il a été arrêté et détenu toute la journée, ainsi qu’un collègue. Son appartement a été perquisitionné. Les médias et journalistes roumains ont particulièrement été pris pour cibles. Une vingtaine d’entre eux, travaillant pour des médias internationaux (AFP, Reuters, AP…) ou roumains, ont été empêchés de pénétrer en Moldavie, sans raison valable. D’autres ont été reconduits à la frontière. Un journaliste de la télévision publique roumaine TVR a même été arrêté alors qu’il s’apprêtait à intervenir dans le journal de 13 heures roumain. Doru Dendiu s’est vu notifier quelques jours plus tard par les autorités le retrait de son accréditation. Une équipe de Realitatae TV a été détenue quelques heures au ministère de l’Intérieur. Par ailleurs un jeune fixeur moldave vivant en France, ayant aidé des journalistes suédois à réaliser un reportage, a été arrêté et brutalisé par la police moldave. Enfin, des sites d’information indépendants, mais aussi de réseaux sociaux (Facebook, Odnoklassniki, Vkontakte..) ont été bloqués plusieurs jours.
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