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Depuis la répression du soulèvement d’Andijan (Est, vallée de Ferghana) en mai 2005, les médias étrangers ont été peu à peu expulsés du pays. La presse locale est sous contrôle direct ou indirect des clans au pouvoir, à commencer par celui du président Islam Karimov. Internet est également sous surveillance rapprochée et les sites d’information indépendants bloqués. En 2006, une nouvelle loi a introduit l’obligation pour les journalistes de médias étrangers désirant travailler en Ouzbékistan de solliciter une accréditation auprès du ministère des Affaires étrangères. Il est extrêmement difficile d’obtenir cette autorisation, mais il est impossible d’accéder à l’information officielle sans ce précieux document. Cette législation sanctionne également l’“ingérence dans les affaires intérieures” par les journalistes ainsi que l’“insulte à la dignité des citoyens”. Par ailleurs, toute collaboration avec un journaliste non accrédité est interdite par la loi, sous peine de poursuites judiciaires.
Huit journalistes sont actuellement emprisonnés en Ouzbékistan. L’un d’entre eux, Djamshid Karimov, est le propre neveu du chef de l’Etat. Il est interné de force en hôpital psychiatrique depuis plus de deux ans et demi.
Malgré ce bilan accablant, sous l’impulsion de l’Allemagne l’Union européenne s’est engagée dans un politique de rapprochement avec l’Ouzbékistan et a voté un allègement des sanctions imposées après les massacres d’Andijan. Les libérations de défenseurs des droits de l’homme, dont celle de Mutabar Tadjibaeva, en juin 2008, sont régulièrement évoquées pour justifier cette orientation.
En juin également, les correspondants de Radio Free Europe/ Radio Liberty ont été publiquement accusés, sur une chaîne de télévision publique, d’être des traîtres. Leur identité, accompagnée de photos, mais aussi leurs coordonnées et celles des écoles accueillant leurs enfants ont été communiquées publiquement. Ces accusations sont particulièrement inquiétantes, dans la mesure où Alisher Sayipov, abattu en octobre 2007 à Osh (Kirghizstan), avait lui aussi été qualifié de traître par les médias officiels, peu de temps avant sa mort. En octobre, un second forum réunissant des représentants de l’Union Européenne et de l’Ouzbékistan s‘est déroulé, alors même que l’une des rares voix indépendantes du Karakalpakstan (Ouest) était contrainte au silence. Solidzhon Abdurakhmanov, collaborateur de nombreux médias et sites indépendants, a été condamné à dix ans de prison. Ce qui n’a pas empêché la levée des sanctions d’être prolongée pour six mois par l’Europe.
La répression s’est poursuivie sans faiblir au premier trimestre 2009. En février, deux journalistes indépendants ont été arrêtés et en mars, les cinq fondateurs du magazine scientifique Irmok ont été condamnés à des peines de prison allant de cinq à douze ans. Quelques mois auparavant, le magazine lui-même avait été suspendu. Les cinq journalistes appartiennent à l’organisation religieuse “Nurcular”, interdite dans le pays.
Ouzbékistan - 4 février 2010
Pour les autorités, donner à voir les réalités de la société ouzbèke revient à "insulter le peuple"
Ouzbékistan - 22 janvier 2010
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