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Côte d’Ivoire

103 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 322 462 km2
  • Population : 18 373 060
  • Langue : français
  • Chef de l’Etat : Laurent Gbagbo, depuis 2000

Avec l’existence d’une presse diverse, certes de qualité inégale, et l’adoption en décembre 2004 d’une loi dépénalisant les délits de presse, la Côte d’Ivoire fait office de bon élève. Mais le pays a ceci de paradoxal qu’il est également celui où se sont produites deux affaires parmi les plus sombres et les plus tragiques pour la presse sur le continent.

L’assassinat du correspondant de RFI, Jean Hélène, tué d’une balle dans la tête à Abidjan en octobre 2003, a profondément choqué la presse étrangère, non seulement en Côte d’Ivoire, mais dans toute l’Afrique. A l’époque, un climat de haine et de tension mettait en péril la sécurité des journalistes, notamment occidentaux. Dans un article publié un an auparavant, dans Notre Voie, on pouvait lire "[les journalistes], ces négriers des temps modernes, (...) ces rapaces ne sont que de vils corrompus accomplissant leur sale besogne de destruction de l’Afrique". Notre Voie affirmait en savoir plus sur le rôle des médias étrangers : "Ils soutiennent les terroristes et leur objectif c’est de salir le régime du président Gbagbo pour légitimer la déstabilisation de la Côte d’Ivoire."

Puis est survenu l’enlèvement de Guy-André Kieffer, le 16 avril 2004, sur le parking d’un supermarché de la capitale ivoirienne. Le journaliste franco-canadien a disparu après avoir été attiré dans un piège par Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, l’épouse du président ivoirien. Cinq ans plus tard, cette affaire n’a toujours pas été élucidée. Michel Legré a bien été mis en examen, le 21 octobre 2004, par le juge d’instruction français Patrick Ramaël pour “enlèvement et séquestration”. Quoique placé en résidence surveillée à Abidjan, il circule librement, y compris hors du pays. Jean-Tony Oulaï, un ressortissant ivoirien se disant “ex-capitaine” de l’armée, et que certains témoins accusent d’avoir supervisé l’enlèvement du journaliste, a également été mis en examen pour “enlèvement et séquestration” en janvier 2006 en France et placé en détention. Mais l’enquête se heurte aux relations tendues entre la France et la Côte d’Ivoire, aux difficultés pour mener des recherches sur place, et à l’omerta qui entoure les protagonistes de l’affaire, tous proches de la présidence ivoirienne.

Pour le reste, dès lors qu’ils n’abordent pas les sujets tabous tels que le pétrole ou la filière cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial et sur laquelle enquêtait Guy-André Kieffer, les journalistes ivoiriens s’expriment assez librement dans une presse diversifiée, mais aux tirages limités. Les rédactions font cependant face à des actes réguliers de vandalisme et les professionnels des médias subissent encore le poids de la situation politique fragile du pays, ne pouvant pas prendre de photos sans la permission des forces rebelles dans la moitié nord du pays, ou du gouvernement dans la moitié sud.

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