Facebook-twitterFacebook Twitter

Reporters Sans Frontières

Faire un don

Accueil - Rapport mondial

35783

Imprimer les fiches pays en un clic

Russie

153 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 17 075 400 km2
  • Population : 145 181 900
  • Langue : russe
  • Chef de l’Etat : Dmitri Medvedev (depuis mai 2008)

Dans une année 2008-2009, qui a vu l’élection de Dmitri Medvedev et la nomination de Vladimir Poutine au poste de Premier ministre, les entraves rencontrées par les professionnels des médias sont venues confirmer les tendances observées depuis une dizaine d’années.

Alors que la majeure partie de la population accède à l’information via la télévision, l’absence de pluralisme dans le secteur audiovisuel est toujours une réalité. Les représentants de l’opposition ou les personnalités critiques du pouvoir qui figurent sur des listes noires sont exclus des chaînes d’audience nationale. Les incidents concernant des journalistes ont émaillé l’élection présidentielle de mars 2008, soulignant la nervosité des autorités face à la presse indépendante.

Les assassinats et les attaques contre des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme confirment l’urgence à traiter la question de l’impunité. Le chef de l’Etat, Dmitri Medvedev, a d’ailleurs reconnu l’existence de meurtres politiques en Russie et admis que des journalistes figurent parmi les victimes de ces crimes. Les agressions de plusieurs journalistes locaux, dont Mikhaïl Beketov, qui a dû être amputé d’une jambe et de plusieurs doigts ; la mort d’Anastassia Babourova (Novaïa Gazeta) et celle de Satnislav Markelov (avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme), tous deux assassinés en pleine rue à Moscou en janvier 2009, en sont les symboles les plus forts. Tout comme l’impasse dans laquelle se trouve le dossier Anna Politkovskaïa après un procès entaché de multiples incidents et l’acquittement des trois hommes accusés d’avoir participé à l’assassinat de la journaliste. Commanditaire et exécuteur présumés courent toujours, en dépit d’un mandat d’arrêt international pour ce dernier, tandis que l’enquête n’a enregistré aucun progrès notable.

La crise économique mondiale a eu des conséquences surprenantes pour les journalistes russes, réveillant un réflexe de censure chez les autorités. En effet, le parquet général a été investi d’une fonction de surveillance des médias qui traitent de la crise. Dans certaines régions, celle de Sverdlovsk notamment, la mise en œuvre de cette directive est assurée, entre autres, par la direction régionale du FSB (services secrets). Plusieurs médias et professionnels de la presse ont eu maille à partir avec la justice après avoir, par exemple, publié l’avis d’un sociologue sur les possibles conséquences de la crise ou détaillé l’état des comptes de certains établissements financiers.

Les tentatives d’intimidation de la presse indépendante ou d’opposition se sont poursuivies. Le harcèlement administratif est de rigueur pour paralyser des rédactions au prétexte qu’elles sont soupçonnées de détenir des logiciels piratés, ou d’avoir reçu illégalement des fonds étrangers. Autre exemple, une journaliste qui avait enquêté sur le financement occulte de la campagne électorale du parti Russie Unie (majorité) lors des élections législatives, n’a pas été autorisée à rentrer en Russie après un voyage à l’étranger. Le FSB la considère comme une menace pour la sécurité intérieure. Natalia Morar réside désormais en Moldavie. La loi sur l’extrémisme fournit également un prétexte commode pour imposer le silence aux voix trop dissidentes. Ainsi, le site Ingushetia.ru (devenu Ingushetia.org), rare source d’information sur la situation sociale et sécuritaire de la République d’Ingouchie (Caucase), a été rendu inaccessible à partir de ce territoire.

Son propriétaire, Magomed Evloev, a été assassiné à sa descente de l’avion qui l’amenait de Moscou à Nazran. Quant à la rédactrice en chef, elle a dû solliciter l’asile politique à l’étranger. Enfin, un contributeur du site, également militant d’une organisation locale des droits de l’homme, a été enlevé et torturé afin d’obtenir qu’il renonce à ses activités.

Ces violences portent à vingt le nombre de journalistes tués en raison de leur activité professionnelle en Russie depuis mars 2000.

CLASSEMENT MONDIAL

ENNEMIS D'INTERNET

RAPPORT MONDIAL

Contactez-nous | Présentation de RSF