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La presse libre n’existe pas au Turkménistan. L’Etat exerce un contrôle total sur le secteur médiatique. Les espoirs engendrés par l’élection, en février 2007, de Gourbangouly Berdymoukhamedov ne se sont pas concrétisés. En dépit de nombreuses déclarations publiques en faveur de la liberté d’expression et de la démocratisation, la situation intérieure a très peu évolué. Une chape de plomb contraint à la clandestinité les journalistes qui collaborent à des médias indépendants, tous basés à l’étranger.
La libéralisation annoncée de l’accès à l’Internet n’a jamais véritablement eu lieu. Certes, l’accès des particuliers au web a été formellement autorisé en 2008, et une poignée de cafés Internet ont bien vu le jour dans le pays. Mais l’accès y est sévèrement contrôlé. L’utilisation d’un ordinateur est conditionnée au dépôt du passeport, et à l’enregistrement de l’identité de l’utilisateur. La surveillance s’exerce également sur les pages visitées, et seule une version limitée du réseau est accessible. Enfin, le prix de la connexion (de l’ordre de 30 000 manats, soit deux euros, pour une heure, alors que le revenu mensuel moyen par habitant est inférieur à 77 euros) et sa lenteur sont deux obstacles qui parachèvent l’isolement de la population turkmène, au point que moins d’un Turkmène sur cent accède à la Toile.
Après plusieurs mois de statu quo, de nouvelles campagnes d’intimidation à l’encontre de journalistes indépendants ont été engagées. Les correspondants et les collaborateurs de Radio Free Europe/Radio Liberty en ont été les cibles principales, notamment à l’approche des élections législatives de décembre 2008. Cette répression ne recule devant aucun moyen. Ainsi, lorsqu’un contributeur à un média non officiel est identifié, il s’expose, tout comme ses proches, à de graves représailles. Trois journalistes qui avaient aidé une consœur française à réaliser un documentaire sur le Turkménistan en 2006 ont été condamnés à sept et six ans de prison. Seuls deux d’entre eux sont encore en vie aujourd’hui. Ils sont prisonniers dans un établissement pénitentiaire situé non loin de Turkmenbashi, dans une zone désertique, où les conditions de détention sont particulièrement éprouvantes. Plus récemment, les correspondants de RFE/RL ont fait l’objet de pressions renouvelées. En décembre 2008, ils ont été placés en résidence surveillée et leurs communications avec le monde extérieur ont été coupées. En juin de la même année, l’un d’entre eux, Sazak Dourdymouradov, a été interné de force en hôpital psychiatrique et torturé. Les autorités veulent le contraindre à cesser ses activités journalistiques. Les faits se sont déroulés alors même qu’Achgabad entamait un dialogue sur les droits de l’homme avec l’Union européenne.
Les proches des journalistes sont aussi victimes de représailles : licenciement, renvoi des enfants de l’école ou de l’université, filature, mise sur écoutes et convocation par la police politique sont des pratiques habituelles.
Enfin, malgré les appels répétés de plusieurs organisations non gouvernementales, aucun journaliste n’a, à ce jour, bénéficié des amnisties régulières qui ont profité à d’autres prisonniers. La mort de la journaliste et militante des droits de l’homme Ogoulsapar Mouradova, des suites de mauvais traitements en prison, n’a fait l’objet d’aucune enquête à ce jour. Une chape de plomb continue de peser sur le Turkménistan.
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