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Algérie

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  • Superficie : 2 381 740 km2
  • Population : 33 769 669 habitants
  • Langues : arabe et tamazight (ou "langue berbère") depuis 2002
  • Chef de l’Etat : Abdelaziz Bouteflika, depuis 1999

Si l’on se contente de regarder le nombre de titres dans les kiosques de la rue Didouche à Alger, on pourrait croire à un foisonnement de la presse et donc à une réelle liberté d’expression en Algérie. Les kiosques de la capitale regorgent de près de 80 titres de quotidiens, principalement arabophones. Le plus gros quotidien est aujourd’hui Ech-Chourouq, qui tire à plus de 800 000 exemplaires.

Le 9 avril 2009, Abdelaziz Bouteflika a été réélu à la tête de l’Algérie pour un troisième mandat consécutif. En mai 2004, au lendemain de sa première réélection, il avait réaffirmé sa « détermination à veiller à la liberté d’expression ». « Nous voulons marquer, encore une fois, avec force, notre détermination à veiller à l’exercice effectif, pour tous, de la liberté d’expression, en droite ligne de la Déclaration universelle des droits de l’homme », avait déclaré le Président dans un message à la presse. Or, malgré ces engagements en matière de liberté d’expression, peu de choses ont changé depuis.

Si l’on se contente de regarder le nombre de titres dans les kiosques de la rue Didouche à Alger, on pourrait croire à un foisonnement de la presse et donc à une réelle liberté d’expression en Algérie. Les kiosques de la capitale regorgent de près de 80 titres de quotidiens, principalement arabophones. Le plus gros quotidien est aujourd’hui Ech-Chourouq, qui tire à plus de 800 000 exemplaires.

Or, la situation de la presse, des journalistes, de la liberté d’expression est loin d’être mesurable à l’aune du nombre de titres disponibles dans la rue. Une situation complexe, subtile. Les difficultés des journalistes ont évolué dans le temps. Si les journalistes ne craignent plus pour leur vie, leur marge de manœuvre pour s’exprimer est limitée. Mais à part Al-Khabar, Liberté et Ennahar, la plupart des journaux continuent à avoir leur siège à la Maison de la presse, quelles que soient leurs positions à l’égard du pouvoir.

Par ailleurs, le délit de presse est toujours passible de peines de prison et d’amende. L’article 144bis du code pénal algérien (en vigueur depuis 2001) prévoit en effet des peines de prison allant de 2 à 12 ans et des amendes pour tout propos jugé diffamatoire. La pénalisation du délit de presse constitue une véritable épée de Damoclès qui pèse sur les journalistes algériens. Les poursuites judiciaires se multiplient à l’encontre des journalistes et de leurs directeurs de rédaction. Les tribunaux algériens ne désemplissent pas. Ainsi, on a constaté au cours du premier trimestre 2009, avant la tenue de l’élection présidentielle, une multiplication des actions judiciaires intentées à l’encontre de publications indépendantes, notamment celle d’Omar Belhouchet, directeur de publication du journal Al-Watan.

En outre, malgré la fin de son monopole sur la presse en 1989, qui a permis à de nombreux journaux de voir le jour, le gouvernement algérien conserve une mainmise sur l’impression et la diffusion de la presse. Certes les quotidiens El Khabar et El Watan sont parvenus à créer une société indépendante qui gère deux imprimeries (« Algérie Diffusion & Impression de presse »), mais rares sont les journaux qui n’impriment pas dans les imprimeries nationales. La création d’un holding d’entreprises d’impression par le ministère de la Communication en juillet 2008 n’a fait que renforcer le contrôle de l’Etat dans ce domaine. Un tel système réduit par conséquent toute marge de manœuvre des journaux qui voudraient exercer un regard critique sur la société et sur la vie politique algérienne. La situation est identique en ce qui concerne la distribution des journaux : mis à part El Khabar et El Watan qui ont réussi à mettre en place un réseau indépendant, les autres titres restent dépendants du réseau étatique de distribution.

Les autorités algériennes disposent d’une arme économique supplémentaire contre les récalcitrants de la presse privée, via son monopole sur la publicité. En effet, depuis avril 1968, l’Agence nationale de l’Edition et de la publicité (ANEP), créée en décembre 1967, distribue la publicité des administrations et des entreprises en fonction des lignes éditoriales, distribuant les fonds en priorité aux journaux proches du régime. En outre, l’Etat garde le contrôle de la radio et de la télévision depuis 1963.

Les autorités algériennes interdisent de manière récurrente la diffusion de journaux internationaux en Algérie. Ainsi, trois publications françaises, L’Express, Marianne et le Journal du Dimanche, ont été censurées début avril 2009, à la veille de l’élection présidentielle. Auparavant, le 7 mars 2009, l’hebdomadaire Afrique Magazine avait été interdit pour « atteinte aux valeurs nationales », tout comme le numéro 2991 de l’hebdomadaire L’Express daté du 30 octobre 2008, sanctionné pour « atteinte à l’islam » .

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