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L’ouverture du champ politique, conduite depuis 2002 par le roi Hamad bin Issa Al-Khalifa, s’est doublée d’une ouverture dans le domaine de la presse.
Si le nouveau code des publications – décret-loi n°47 –, imposé par le pouvoir en 2002, n’a pas tenu compte de la plupart des recommandations de la profession, consultée pour cette réforme, il a engendré un certain dynamisme au sein de la presse écrite. La procédure de création de nouvelles publications ayant été simplifiée, on a assisté à une augmentation non négligeable du nombre de quotidiens en circulation. Par ailleurs, les articles du code prévoyant des peines de prison pour les journalistes ont été supprimés.
Toutefois, les journalistes peuvent être jugés en vertu de l’application du code pénal. Aussi, les professionnels des médias se soumettent, en général, à une autocensure systématique et rigoureuse. En outre, ce décret-loi n°47 autorise le ministère de la Culture et de l’Information à ordonner la fermeture de toute publication, ou site Internet, portant “atteinte au régime, à la religion officielle de l’Etat, aux bonnes mœurs ou aux différentes confessions de façon à troubler la paix publique“, sans passer par une décision judiciaire. Les rédacteurs en chef des journaux subissent par conséquent de fortes pressions politiques.
Depuis sa promulgation en 2002, nombreuses ont été les initiatives allant dans le sens d’une réforme du code des publications. Mais ce n’est qu’en juin 2008 que le gouvernement a présenté ses propres amendements à l’Assemblée nationale. Mais ils n’ont toujours pas été examinés.
Si les titres privés de la presse écrite ont pris leur essor, l’Etat a conservé un monopole dans le secteur de l’audiovisuel. Mais près de 99% de la population possède une antenne parabolique.
Dans ce contexte, Internet offre aux journalistes du royaume un espace de liberté très apprécié. Mais cet espace est de plus en plus surveillé et contrôlé par les autorités. La société bahreïnie des télécommunications, dont l’Etat est un des principaux actionnaires, – officiellement – censure les pages incitant à la violence, à la “discorde nationale“ ou encore celles à “caractère pornographique“. En réalité, de nombreux sites d’ONG nationales ou internationales sont inaccessibles. Le ministère de l’Information met régulièrement à jour la liste des sites interdits d’accès dans le pays. En janvier 2009, la nouvelle ministre de la Culture et de l’Information, Shaikha May bint Ibrahim Al-Khalifa, a adressé une circulaire aux fournisseurs d’accès à Internet, leur demandant de procéder à la censure des sites figurant sur la liste noire du gouvernement. Depuis cette date, certains sites permettant de contourner la censure en ligne sont également inaccessible. Ainsi, les internautes ne peuvent pas consulter les pages de certains groupes du réseau social Facebook, jugées critique envers l’action du gouvernement, tout comme 66 autres sites Internet traitant de sujets relatifs aux droits de l’homme ou à la politique.
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