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Egypte

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  • Superficie : 1 001 450 km2
  • Population : 78 887 007 habitants
  • Langue : arabe
  • Chef de l’Etat : Hosni Moubarak, depuis 1981

Depuis son arrivée au pouvoir en 1981, Hosni Moubarak n’a eu de cesse de vouloir contrôler la liberté de la presse, mais également la liberté d’information des citoyens.

La création d’un journal requiert non seulement l’aval du Haut Conseil de la presse, dirigé par le chef de l’Etat, mais également celui du Conseil des ministres et des différents services de sécurité. La loi n°40 de 1977 autorise chaque parti politique à fonder son propre journal. Cependant, en cas de publication d’articles apparentés à des “menaces à la sécurité nationale”, les autorités peuvent arbitrairement fermer et le journal et le parti. En outre, 99% des maisons de presse lui appartenant, le gouvernement égyptien conserve une mainmise sur l’impression de la presse. Ceci lui donne la possibilité de censurer à tout moment la publication d’un journal.

Toutefois, malgré l’état d’urgence et les lois liberticides en vigueur, les journalistes égyptiens s’évertuent à repousser les limites imposées. Dans les kiosques de journaux, la presse privée d’opposition et la presse indépendante cohabitent avec la presse gouvernementale officielle. En dépit des pressions juridiques, administratives et économiques, cette presse est parvenue à s’imposer.

Mais la liberté de ton n’est pas sans risque. 32 articles de loi pénalisent ainsi la presse, éparpillés entre le code pénal, la loi sur la presse, la loi sur les publications, celle relative aux documents d’État (qui interdit notamment aux journalistes d’accéder à certains contenus officiels), à la fonction publique, aux partis politiques, etc.

Devant de telles contraintes, Internet est devenu un refuge pour la liberté d’expression. Avec 20% de la population surfant sur le Net, l’Egypte compte le plus fort taux de pénétration d’Internet sur le continent africain. Trop préoccupées par l’image du pays à l’étranger, les autorités ont pendant longtemps décidé de ne pas bloquer les sites Internet. Mais face à l’engouement que la Toile suscite, l’étau a commencé à se resserrer. Depuis 2008, les conditions d’utilisation du réseau Internet sans fil (WiFi) ont changé. La connexion est non seulement devenue payante, mais elle nécessite une adresse e-mail sur laquelle sont envoyés le mot de passe et le nom d’utilisateur. Par ailleurs, un projet de loi, qui prévoit des peines de prison pour « abus d’utilisation d’Internet » et pour « publication de contenu multimédia sans autorisation du gouvernement », est actuellement en discussion au Parlement. Suite au mouvement du « 6 avril » lancé sur Facebook en 2008, de nombreux blogueurs ont été arrêtés.

2008 a ainsi été marquée par un acharnement des autorités contre la presse et les internautes, signe d’une volonté de contrôler l’image du pays. Pour Gamal Eid, directeur du réseau arabe pour l’information sur les droits de l’homme (ANHRI), 2008 a été “la pire année en matière d’atteintes à la liberté d’expression depuis 1952”, année de la proclamation de la République en Egypte. Depuis janvier 2009, une plainte par jour en moyenne est déposée contre un journaliste ou un blogueur.

Par ailleurs, le gouvernement égyptien s’est lancé depuis le début de l’année 2008 dans une campagne contre les chaînes de télévision indépendantes. Au mois de février, Le Caire a été à l’origine de l’adoption, par les pays de la Ligue arabe, d’une charte commune qui restreint la liberté de diffusion des chaînes de télévision satellitaires et prévoit des sanctions en cas d’offense dans le contenu de leurs programmes. Plusieurs sociétés de production, collaborant avec des télévisions satellitaires étrangères, ont été censurées depuis le début de l’année. La signature de ce document, dénoncée par les professionnels des médias, a été saluée par le directeur général de Nilesat SA, opérateur satellitaire propriété du gouvernement égyptien, qui soutient la mise en place d’un organe de régulation à l’échelle régionale chargé de la distribution des licences. Jusqu’à présent, les télévisions qui souhaitaient émettre sur Nilesat devaient obtenir l’approbation du Caire. Les chaînes contestataires n’y étaient pas les bienvenues. A l’inverse du Qatar qui offre à Al-Jazeera une grande latitude pour traiter de l’information régionale, l’Egypte continue de contrôler scrupuleusement la ligne éditoriale des télévisions qu’elle accueille sur son satellite. Le 1er avril 2008, Nilesat avait ainsi retiré de son bouquet la chaîne de télévision privée Al-Hiwar sans fournir d’explications.

La Cairo News Company (CNC), principal fournisseur d’équipements audiovisuels pour de nombreux médias étrangers en Egypte, a vu son matériel confisqué par les forces de l’ordre le 14 avril 2008, suite à la diffusion sur Al-Jazeera, l’un de ses principaux clients, d’images des manifestations du 6 avril 2008. Nader Gohar, directeur de la CNC, est toujours poursuivi pour "constitution d’un réseau de communication sans autorisation" et "diffusion sans permis". Le 19 avril 2009, en appel, le juge a décidé d’abandonner les charges qui pesaient contre la CNC et son directeur.

Le projet de loi sur l’audiovisuel, présenté en juin 2008 par le gouvernement, est en débat au Parlement depuis novembre 2008. Ce projet représente un danger pour les professionnels des médias de ce secteur. Ce texte, qui introduit de nouvelles peines allant d’un mois à trois ans de prison, menace la liberté de parole des journalistes, qui pourront être poursuivis pour "atteinte à la paix sociale, à l’unité nationale, à l’ordre public et aux valeurs de la société". Rédigée en grande partie dans des termes vagues, cette nouvelle loi prévoit notamment la création d’une structure de tutelle (l’Agence nationale pour la régulation de l’audiovisuel) qui aurait toutes les prérogatives pour décider arbitrairement du retrait de la licence d’un média. Sa direction sera assurée par des représentants du ministère de l’Information ainsi que des membres des services de sécurité de l’État.

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