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La presse des Emirats arabes unis est aussi dynamique que l’économie du pays, avec onze quotidiens nationaux, six en anglais et cinq en arabe. Les Emirats se veulent très accueillants pour les médias étrangers, notamment au sein de Dubaï Media City. De fait, les journalistes étrangers y sont nettement moins contrôlés que dans les autres pays du Golfe Persique.
A l’issue d’un long débat, le Conseil national fédéral a adopté, le 20 janvier 2009, un nouveau code de la presse qui a pour vocation de remplacer la loi de 1980. Ce code, s’il est adopté comme tel, constitue une menace potentielle pour la liberté de la presse aux Emirats arabes unis. Ce projet de loi, fort décrié par les médias, est depuis janvier 2009 en attente de signature par le président, Cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyan.
Si ce projet de loi abolit les peines de prison à l’encontre des journalistes et protège ces derniers concernant le secret de leurs sources, il comprend de nombreuses restrictions à la liberté de la presse. Le gouvernement pourrait en effet décider qui pourrait travailler comme journaliste, rédacteur, reporter ou correspondant aux Emirats. Il disposerait par ailleurs d’une grande marge de manœuvre dans le choix des médias autorisés à travailler dans le pays, pouvant suspendre les licences des journaux, radios et chaînes de télévision, et ce même pour des infractions mineures.
En outre, l’abandon des poursuites pénales contre les journalistes aurait pour contrepartie le renforcement des poursuites civiles et donc la mise en place de fortes amendes, sorte d’épée de Damoclès qui pèserait sur les médias. Les journalistes risqueraient ainsi d’être poursuivis pour “dénigrement“ de membres du gouvernement ou de la famille royale. L’amende encourue pourrait atteindre 5 000 000 de dirhams (1 034 000 euros). Quant à ceux qui publieraient des informations “mensongères“ de nature à “induire l’opinion publique en erreur“ et “nuire à l’économie du pays“, ils pourraient être condamnés à payer des amendes allant jusqu’à 500 000 dirhams (103 400 euros).
Le 5 avril 2009, deux magazines français Jeune Afrique et Afrique Magazine ont été interdits de distribution, sur décision du ministère de l’Information à Abu Dhabi, pour des articles considérés comme offensants. Le numéro de Jeune Afrique incriminé avait publié un dossier intitulé « Les musulmans et le sexe ». En couverture de l’hebdomadaire figurait la photo d’une femme dont le dos était dénudé. Les autorités ont par la suite interdit le numéro d’avril de Afrique Magazine, qui comportait un reportage d’Akram Belkaïd, intitulé « Dubaï, la fin du rêve », sur les difficultés économiques et politiques que connaît aujourd’hui l’émirat de Dubaï.
Le journal dominical britannique Sunday Times n’a pas été distribué à Dubaï le 29 novembre 2009, suite à la publication d’une caricature jugée "insultante" par les autorités. Le journal avait publié une caricature du souverain de l’émirat, cheikh Mohammed ben Rached Al-Maktoum, se noyant dans un océan de dettes, avec pour titre "Le rêve de Dubaï coule".
En outre, depuis 2008, les Emirats arabes unis font partie des « pays sous surveilllance » au regard de la situation de la liberté d’expression sur Internet, malgré l’adoption en 2006 d’un code de la presse électronique. L’Autorité de régulation des télécommunications (Telecommunications regulatory authority, TRA) a entamé une politique de filtrage, afin de maîtriser le contenu des publications en ligne, bloquant ainsi des sites Internet sans raison. Un internaute peut ainsi être emprisonné pour “opposition à l’islam”, “insulte à toute religion reconnue par l’Etat” ou “transgression des valeurs et des principes familiaux”, en vertu des articles 15 à 20 de la loi sur la cybercriminalité.
Le propriétaire du site Hetta.com, Inas Al Bourini, et son rédacteur en chef, Ahmed Mohammed bin Gharib, ont été condamnés, le 7 septembre, à une amende de 20 000 dirhams ( 4 120 euros) pour "diffamation", "insulte" et "humiliation" envers Abu Dhabi Media Company, un média contrôlé par l’Etat. Cette condamnation fait suite à la publication sur leur site d’un article, daté du 4 mai 2009, intitulé "Abu Dhabi TV : a UAE television by name only", dans lequel les journalistes dénonçaient des pratiques de "corruption administrative" et de "détournement de fonds" au sein de la compagnie.
Par ailleurs, plusieurs sites sont bloqués à Dubaï, en particulier ceux qui traitent de la situation des droits de l’homme, de l’univers carcéral, de la famille royale ou de la liberté d’expression. En voici la liste : http://www.emarati.katib.org/node/52
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