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La situation des journalistes en Irak a beaucoup évolué au cours des deux dernières années. Les dangers qui entravent les journalistes dans leur travail ne sont plus les mêmes. Les menaces ciblées de milices ou organisations terroristes ont pour ainsi dire disparu, même si pour la seule année 2009, trois professionnels des médias ont été tués, et cinq autres blessés, dans des attentats suicides.
Aujourd’hui, les journalistes irakiens affrontent surtout l’hostilité des autorités ou d’hommes politiques qui interdisent aux médias l’accès à certaines zones. Les abus de procédure ou les poursuites en « diffamation » contre des journaux dénonçant des affaires de corruption sont devenus monnaie courante. Même les médias réputés progouvernementaux ne sont pas épargnés, pas plus que les journalistes du Kurdistan ne sont à l’abri des pressions.
En plus d’être poursuivis, contraints de payer de fortes amendes, certains journalistes indépendants voient leur sécurité et leur intégrité physique menacées. On a recensé cette année une recrudescence des actes de violence et des menaces à leur encontre de la part de groupes armés, mais également des forces de police irakiennes et des autorités en charge du maintien de l’ordre.
Ainsi, le journaliste Ahmed Abd Al-Hussein, du quotidien gouvernemental Al-Sabah, a été la cible d’une campagne de haine lancée par le Conseil supérieur islamique, suite à la publication d’un article, le 4 août 2009, mettant en cause la responsabilité de ce même conseil dans le braquage d’une banque à Bagdad, fin juillet 2009. Le journaliste a reçu des menaces de mort.
Par ailleurs, le confrère kurde Nabaz Goran, directeur de publication du journal bimensuel indépendant en langue kurde Jehan (Monde) et figure emblématique du journalisme d’investigation au Kurdistan irakien, a été violemment agressé, le 29 octobre dernier, par des inconnus appartenant vraisemblablement au KDP (Parti démocratique kurde). En outre, Imad Abadi, journaliste vedette de la chaîne de télévision indépendante Al-Diyar, et ardent défenseur de liberté de la presse en Irak, a été la cible d’une tentative d’assassinat à Bagdad, dans la soirée du 23 novembre 2009.
Le projet de loi pour la protection des journalistes, déposé par le Syndicat des journalistes, est toujours à l’étude par le Parlement irakien.
A l’appel de l’Observatoire de la liberté des journalistes, les journalistes irakiens ont organisé un rassemblement le 14 août 2009 à Bagdad, pour protester contre les atteintes répétées à l’exercice de leur profession.
Les autorités irakiennes ont également recours à la censure de la Toile. Le ministère de la Culture a élaboré un projet de loi visant à censurer certains sites Internet, projet dont la formulation vague et imprécise laisse la porte ouverte à des dérives qui pourraient – si adopté en l’état par le Parlement – constituer une entrave à la liberté d’information.
Le risque est grand que la tenue des élections législatives le 6 mars 2010 n’engendre des difficultés supplémentaires pour les professionnels de médias en Irak.
En plus de l’insécurité dont souffrent les journalistes irakiens, les forces américaines maintiennent une forte pression sur la presse locale. Depuis le 1er septembre 2008, elles détiennent Ibrahim Jassam, photographe de l’agence Reuters, malgré le jugement de la Cour criminelle centrale d’Irak du 30 novembre 2008 démontrant son innocence et ordonnant sa relaxe.
Irak - 26 janvier 2010
Irak - 21 janvier 2010
Recrudescence des violences contre les journalistes indépendants au Kurdistan irakien
Irak - 9 décembre 2009
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