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Au sultanat d’Oman, le code de la presse, en vigueur depuis 1984, tarde à être réformé. Ce texte prévoit, en cas de délit, des peines allant jusqu’à un an de prison, ainsi que de lourdes amendes (maximum 1 000 rials = 1765 euros, d’après l’article 61 du code de la presse). La formulation de certains articles, volontairement vague, laisse une marge importante à toutes formes d’interprétations. Par ailleurs, en vertu de ce code, le ministère de l’Information jouit de larges prérogatives pour influencer la ligne éditoriale des médias. La censure et l’autocensure sont, de fait, omniprésentes.
Les cinq journaux privés (trois en arabe et deux en anglais), qui reçoivent des subventions de l’Etat, subissent de fortes pressions politiques. La ligne éditoriale est rarement critique à l’égard du pouvoir en place. L’Etat possède trois stations de radio et deux chaînes de télévision. Trois stations privées ont été créées en 2004 (Private Radio and Television Companies Law). Mais elles n’offrent pour la plupart que des programmes musicaux. Les bulletins d’information occasionnels reprennent les nouvelles fournies par l’agence de presse nationale, Oman News Agency. Si les Omanais peuvent sans problème regarder les chaînes étrangères grâce au satellite, aucun média étranger ne possède de bureau permanent dans le pays.
C’est l’Etat qui décide quelles personnes peuvent exercer la profession de journaliste. Cette autorisation peut leur être retirée à tout moment sur simple décision administrative. Par ailleurs, l’accès à l’information est difficile. Sur certains sujets, les journalistes doivent souvent se contenter des informations distillées par l’agence de presse officielle. En outre, les publications, qu’elles soient publiques ou privées, doivent, pour être imprimées, être validées par les autorités.
Le Sultan tolère difficilement les critiques de sa gestion des affaires politiques. Son ministre de l’Information n’hésite pas à faire censurer toute publication ou reportage, national ou international, considéré comme attentatoire à “la culture et aux mœurs du pays“. Les journalistes étiquetés comme étant trop critiques ont beaucoup de mal à pouvoir exercer leur métier, et notamment à trouver un média qui acceptera de les embaucher, malgré le démenti, par les autorités, de l’existence d’une “liste noire“. Ainsi, Adbdallah Al-Ryami et Mohammed El-Harthi, deux intellectuels, sont bannis d’antenne depuis 2004, suite à leurs critiques formulées, sur la chaîne iranienne Al-Alam, sur l’absence de volonté des autorités à mettre en œuvre des réformes démocratiques.
En août 2004, la commission chargée d’autoriser la parution de nouveaux titres a revu à la hausse le capital minimum nécessaire à la création d’une publication, la fixant à un demi-million de dollars, rendant ainsi quasiment improbable l’éclosion d’entreprises de presse indépendantes du pouvoir politique, ou des milieux d’affaires réputés proches du régime.
Dans ce contexte, Internet constitue le principal espace alternatif pour l’opinion publique omanaise. Des sujets sensibles y sont abordés sur de nombreux forums et blogs. Mais, grâce à l’opérateur public Omantel, l’Etat dispose du monopole sur les télécommunications. Aussi certains sites traitant de l’actualité du pays sont filtrés. En novembre 2006, les autorités ont arrêté Saïd Al-Rachidi, le directeur du Réseau omanais, l’un des sites les plus visités du pays, ainsi que ses collaborateurs en charge des rubriques sociales et politiques. En mai 2008, par décret du Sultan, le gouvernement a étendu son contrôle sur les blogs et autres sites internet.
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