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Syrie

165 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 185 180 Km2
  • Population : 17 585 540 d’habitants.
  • Langue : arabe
  • Chef de l’Etat : Bachar el-Assad depuis juillet 2000

Unique candidat à sa succession, Bachar el-Assad a été reconduit à la tête du pays en 2007 avec plus de 97% des voix. L’état d’urgence en vigueur depuis 1963 est toujours maintenu. Les réformes démocratiques longtemps attendues, telles que la révision du code de la presse, sont restées au point mort.

Si le nombre de médias a augmenté ces dernières années, le pluralisme n’est cependant pas au goût du jour. Et le retour de la Syrie sur la scène internationale en 2008 n’a pas changé la donne : le parti Baas conserve une mainmise totale sur les médias. Si quelques publications non contrôlées par l’État ont vu le jour ces dernières années, cela n’a pas engendré pour autant une libéralisation de l’information.

Les médias sont soumis à un décret sur la presse, promulgué en 2001, particulièrement restrictif. Ce décret vise à empêcher toute tentative de remise en cause des principes auxquels personne ne doit porter atteinte, comme les intérêts du peuple syrien, le parti Baas (au pouvoir depuis 1963), l’unité nationale, les forces armées et la politique qui a été décidée par le Président.

Les journalistes qui remettent en question la politique des autorités se retrouvent vite en prison. Ainsi, le journaliste syrien Michel Kilo a été arrêté le 14 mai 2006 pour avoir signé un communiqué d’intellectuels syriens et libanais prônant une réforme des relations entre les deux voisins. Condamné pour « affaiblissement du sentiment national », il demeure une figure emblématique de la lutte pour la démocratie en Syrie. Il a d’ailleurs reçu le Speaker Abbott Award en octobre 2008. Trois autres journalistes syriens sont toujours détenus.

La Syrie est l’un des pays les plus répressifs au monde envers les internautes. Les autorités ont renforcé le filtrage d’Internet, rendant ainsi de nombreux sites inaccessibles, notamment les sites d’opposition en langue arabe et ceux liés à la minorité kurde du pays. En 2007, le ministre des Télécommunications a décrété que les propriétaires des sites Internet devaient non seulement conserver les données personnelles des auteurs d’articles et de commentaires, mais aussi rendre publics les noms des auteurs qui contribuent à leur site, ainsi que ceux des commentateurs, sous peine de fermer le site en question. Au cours des dix-huit derniers mois, de nombreux blogueurs ont été harcelés par les autorités pour avoir contribué à des publications en ligne « portant atteinte au prestige de l’Etat », en vertu de l’article 287 du code pénal syrien, ou ont été reconnus coupables de « publication de fausses informations » et d’« affaiblissement du sentiment national » (articles 285 et 286 du code pénal). A ce jour, 5 cyberdissidents syriens sont toujours en détention.

Enfin, les correspondants de la presse étrangère en Syrie, également surveillés, n’obtiennent que très difficilement des accréditations. En septembre 2008, une équipe de Reporters sans frontières s’est vu refuser l’accès au territoire syrien. Le ministre de l’information syrien a alors déclaré : « Ils n’obtiendront jamais de visa. »

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