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Yémen

167 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 527 970 km2
  • Population : 20 975 000 habitants
  • Langue : arabe
  • Chef de l’Etat : Ali Abdallah Saleh, depuis 1990

Les médias du pays sont largement contrôlés par un gouvernement peu ouvert à la critique. Le code de la presse actuellement en vigueur date de 1990. Un projet de réforme, en discussion depuis plusieurs années, a été fortement critiqué par les professionnels des médias pour son caractère répressif. Il vise en effet à interdire toute investigation portant atteinte à la « sécurité nationale », à « l’unité nationale », ou aux « relations extérieures » du pays. Ce texte prévoit des peines allant jusqu’à six ans de prison. Un recours abusif à ces notions évasives et subjectives pourrait museler plus avant les médias yéménites. Cependant, ce code permettrait d’ouvrir le secteur de l’audiovisuel au secteur privé, ouverture qui serait encourageante pour le paysage médiatique yéménite.

En 2009, les autorités ont renforcé leur mainmise sur les médias, afin d’imposer un black-out médiatique sur les offensives militaires dans le nord et le sud du pays. D’après le secrétaire général du Syndicat des journalistes yéménites, Marwan Damaj, « le Yémen connaît l’une des évolutions les plus noires en matière de liberté de la presse depuis 1990 ».

Par exemple, le 4 mai 2009, le ministre de l’Information a interdit au nom du principe d’“unité nationale du pays”, l’impression de huit journaux indépendants accusés de “séparatisme”. Sont concernés sept hebdomadaires et le quotidien Al-Ayyam. A noter que ce journal est l’une des principales victimes de la répression contre les médias. En mai, la circulation d’Al-Ayyam a été entravée et son siège a été pilonné par l’armée. Le 15 juillet, un nouveau cap a été franchi avec la condamnation du correspondant à Aden du journal, Anis Ahmed Mansour Hamida, à quatorze mois de prison ferme pour “atteinte à l’unité nationale“ et “séparatisme“, à l’issue d’un procès purement politique.

Abdulkarim Al-Khaiwani a été condamné, le 26 janvier 2009, à six ans de prison pour “collaboration avec la rébellion du Nord”, par un tribunal pénal spécial chargé de juger les affaires de terrorisme. Cet ancien rédacteur en chef du journal Al-Shoura et collaborateur de médias indépendants a été gracié par le président de la République Ali Abdallah Saleh, le 14 mars 2009.

Par la suite, le tribunal spécialisé dans les délits de la presse a condamné, le 31 octobre, le journaliste de l’hebdomadaire indépendant Al-Masdar, Munir Al-Mawari, à deux ans de prison ferme pour “diffamation” à l’égard du président de la République. Il se voit également interdire d’exercer à vie son métier de journaliste. Le directeur du journal, Samir Jubran, a, quant à lui, été condamné dans la même affaire à un an de prison avec sursis, et à un an d’interdiction d’exercer sa profession. Cette condamnation fait suite à la publication, en mai 2009, d’un article intitulé « Arme de destruction massive », critiquant la conduite de la guerre contre les rebelles chiites dans le nord du pays.

Par ailleurs, on est sans nouvelles, depuis le 18 septembre dernier, du journaliste Muhammad Al-Maqalih, disparu dans des circonstances non élucidées. Nombreux sont les professionnels des médias au Yémen, ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme, à considérer que les services de sécurité sont responsables de cet enlèvement, malgré leurs dénégations. Fouad Rachid, directeur du site Al-Mukalla Press, et Salah Al-Saqladi, directeur du site Adengulf-website, sont également toujours détenus.

Dans ce contexte, la plupart des journalistes yéménites indépendants sont contraints à l’autocensure, pour éviter ainsi les poursuites judiciaires. Quant aux journalistes étrangers, ils ne sont autorisés à se déplacer dans le pays qu’en compagnie d’un guide appointé par le ministère de l’Information. Ceux qui ne respectent pas cette directive sont expulsés et leurs collaborateurs inquiétés.

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