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Les relations restent tendues entre une partie de la presse privée et la présidente Cristina Fernández. Toutefois 2009 marque l’année des avancées législatives pour les médias argentins. La nouvelle loi visant à limiter la concentration des médias vient se substituer à la loi de radiodiffusion adoptée sous le régime militaire, et la calomnie et l’injure sortent du domaine pénal.
Les relations restent tendues entre une partie de la presse privée et la présidente Cristina Fernández, dont le mari et prédécesseur Néstor Kirchner, s’était abstenu de toute conférence de presse tout au long de son mandat (2003-2007). Le silence visait en priorité le quotidien La Nación, politiquement marqué dans l’opposition au « kirchnérisme ». Or c’est surtout le principal groupe de presse, Clarín, qui se voit inquiété par la nouvelle loi sur les services de communication audiovisuelle (SCA), visant à limiter la concentration des médias, il est vrai excessive en Argentine. La loi, voulue par la présidente Cristina Fernández elle-même, se substitue à la loi de radiodiffusion du 15 septembre 1980, la "22.285", adoptée sous le régime militaire. Les amendements apportés à cette loi après le retour à la démocratie en 1983 avaient à la fois réduit le contrôle du pouvoir sur le contenu des programmes, et favorisé la concentration des médias. Quelques cas de pressions attribuées aux autorités fédérales ont encore alimenté les tensions entre la presse et le palais présidentiel. Néanmoins, les agressions et les intimidations concernent surtout les médias provinciaux, confrontés aux susceptibilités de certains gouverneurs. Ils sont souvent récompensés ou punis pour leur ligne éditoriale par une distribution inéquitable de la publicité officielle. Les violences directes contre les médias sont rares, par comparaison à d’autres pays de la région, mais restent trop souvent impunies. Un projet de résolution relatif à la sécurité des journalistes, présenté en octobre 2008 à la Chambre basse du Congrès fédéral par la députée Diana Conti, proche de l’administration Kirchner, attend toujours d’être adopté. Enfin, une grande avancée législative a été entérinée à la fin de l’année. Le Sénat fédéral a approuvé à l’unanimité, le 19 novembre 2009, une réforme du code pénal éliminant toute possibilité de condamnation à des peines de prison pour les délits de “calomnie” (lequel inclut aussi la “diffamation”) et d’“injure”. La Chambre des députés avait déjà approuvé, le 28 octobre dernier, cette réforme proposée par la présidente Cristina Fernández de Kirchner.
Argentine - 23 novembre 2009
La calomnie et l’injure sortent du domaine pénal : "Une grande avancée législative"
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