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La presse a subi mais aussi participé à la polarisation entre partisans et adversaires du gouvernement. Les attaques contre la presse, publique comme privée, ont atteint un niveau préoccupant en 2008. Certains médias privés locaux ont incité à la haine raciale et au meurtre contre le président Evo Morales.
Au prix d’une augmentation vertigineuse des agressions à son encontre, la presse a subi la polarisation née de l’affrontement de plus en plus ouvert entre le président Evo Morales et l’opposition autonomiste. Mais elle porte également sa part de responsabilité dans la crise institutionnelle et politique qui a précipité le pays dans un état de quasi-guerre civile, heureusement évitée grâce à l’intervention de la nouvelle Union des nations sud-américaines (Unasur), le 15 septembre 2008. Les manifestations de soutien au gouvernement ou à l’opposition ont souvent pris pour cibles des journalistes en fonction de leur média d’appartenance, public et réputé progouvernemental, ou privé et présumé hostile à Evo Morales. A Santa Cruz, les attaques du groupe d’extrême droite régionaliste Unión Juvenil Cruceñista contre la presse publique ont parfois été jusqu’à l’attentat, tandis que certains médias privés locaux, comme Radio Oriental, appelaient à la haine raciale et au meurtre contre le Président et certains ministres, comme lui d’origine indigène. A La Paz, à l’inverse, les membres du Comité civique populaire, une organisation proche du gouvernement, s’en sont violemment pris à des représentants de journaux, chaînes ou radios du secteur privé. L’un des activistes du Comité, Adolfo Cerrudo, accusé, entre autres, de menaces de viol et d’agression contre une journaliste du quotidien La Razón, est aujourd’hui derrière les barreaux. Dans la plupart des cas, l’impunité demeure. Le procès des auteurs présumés de l’assassinat de Carlos Quispe Quispe, journaliste d’une radio municipale tué au sein de sa rédaction, le 29 mars 2008, a été reporté trois mois après les faits. Il ne s’est, depuis, jamais tenu. Face à l’influence de médias relevant à 85 % du domaine privé, et aux mains de groupes d’intérêt économique peu en phase avec le nouveau gouvernement, le Président Evo Morales s’est fait promoteur d’un nouveau réseau public et communautaire, qui compte même un quotidien, Cambio. La nouvelle Constitution, adoptée par référendum le 25 janvier 2009, n’a en rien modifié les garanties d’indépendance éditoriale. Néanmoins, et malgré une relative accalmie depuis l’intervention de l’Unasur, les relations entre Evo Morales et la presse privée nationale restent tendues.
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