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Chili

39 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 756 630 km2
  • Population : 16 900 000
  • Langue : espagnol
  • Chef de l’État : Michelle Bachelet (depuis mars 2006)

La presse souffre d’une concentration excessive. La législation concernant les médias communautaires attend toujours d’être débattue et votée au Congrès. Certains sujets comme les violations des droits de l’homme sous la dictature ou la situation des indigènes Mapuches restent hautement sensibles.

Plusieurs agressions, parfois violentes, de journalistes par les forces de l’ordre au cours de manifestations ont marqué le début de présidence de Michelle Bachelet, qui a dû intervenir personnellement pour les condamner. La dernière en date est celle qui a coûté l’usage d’un œil à Víctor Salas, photographe de l’agence espagnole EFE, après la charge d’un carabinier à cheval, en mai 2008 à Valparaíso. L’esprit de corps des militaires a retardé de deux mois l’élucidation de cette affaire. L’épisode n’est évidemment pas anodin dans un pays toujours travaillé par le souvenir de la dictature militaire (1973-1990), après le décès du général Pinochet en 2006. Les exactions commises à cette époque restent un sujet sensible pour la presse. La situation des indigènes mapuches, au sud du pays, en est un autre. En 2008, à moins de deux mois d’intervalle, deux documentaristes français et deux cinéastes italiens travaillant sur ce sujet ont été brièvement incarcérés au prétexte fallacieux d’ « activités terroristes » avant leur expulsion du pays. L’intérêt de la documentariste chilienne Elena Varela pour la question Mapuche semble avoir joué en sa défaveur, dans la procédure judiciaire qui la vise pour une affaire de droit commun. Moins exposée à des problèmes de sécurité que dans d’autres pays de la région, la presse chilienne souffre d’abord d’une concentration excessive des médias aux mains de deux principaux groupes de communication, Copesa et El Mercurio. Chaque année, l’État injecte pour l’un et l’autre l’équivalent de 5 millions de dollars d’annonces officielles, au détriment des médias indépendants. Les stations communautaires disposent de peu de marge dans un espace radiophonique détenu à plus de 60 % par le groupe espagnol Prisa. En janvier 2006, une proposition de loi élaborée par l’Association nationale des radios communautaires et citoyennes du Chili (Anarcich), a été présentée à l’ancien président Ricardo Lagos, lequel s’était engagé à la transmettre au Congrès. C’est chose faite avec Michelle Bachelet depuis octobre 2007, mais le texte attend toujours son examen et son vote.

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