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Guatemala

106 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 108 890 km2
  • Population : 13 000 000
  • Langue : espagnol
  • Chef de l’État : Alvaro Colom (depuis janvier 2008)

L’impunité demeure dans la plupart des assassinats de journalistes, dus en général à une insécurité alarmante. Il ne fait pas bon pour la presse aborder de trop près des affaires de corruption ou enquêter sur les traces encore vives de la guerre civile.

Cinq journalistes ont été assassinés depuis 2007. La thèse du suicide a été contestée par la famille d’Hugo Arce, du mensuel ¿Y Qué ?, retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de la capitale au début de l’année 2008. Les crimes, agressions et enlèvements de professionnels des médias s’expliquent d’abord par l’insécurité alarmante régnant dans le pays, l’un des plus mal notés du continent en la matière. Si l’assassinat de Rolando Santis, reporter de la chaîne Telecentro, le 1er avril 2009, dans la capitale, a ému l’opinion publique, c’est que la victime venait justement d’effectuer un reportage sur l’attaque d’un bus et l’assassinat de son conducteur. Avec le Salvador et le Honduras, le Guatemala est l’un des bastions des « maras », du nom de ces gangs de jeunes, hyperviolents, dont les ramifications s’étendent désormais au Mexique et aux Etats-Unis. Les autorités ont vu dans l’assassinat de Rolando Santis la main du crime organisé et deux suspects de 19 et 20 ans ont été arrêtés. Le mobile reste à établir, tout comme la participation réelle des deux prévenus, les enquêtes aboutissant rarement. Mêmes questions sans réponse concernant la mort de Marco Antonio Estrada Orla, correspondant de la chaîne privée Telediario, assassiné le 5 juin 2009 à Chiquimula, région considérée comme la plus violente du pays et un bastion du trafic de drogue. Selon nos informations, aucun suspect n’a été arrêté. En tout cas, il n’est guère recommandé à la presse d’aborder de trop près des affaires de corruption impliquant souvent les autorités, ou d’enquêter sur les traces encore vives de la guerre civile (1960-1996). La protection policière accordée à un professionnel des médias ne lui garantit pas toujours une réelle sécurité. En octobre 2008, le journaliste et défenseur de la liberté de la presse José Pélico, de l’organisation Cerigua, a été menacé de mort par des individus armés aux abords de son domicile, alors qu’il bénéficiait d’une escorte. Au chapitre juridique, le Guatemala s’est doté d’une nouvelle loi de libre accès à l’information publique, attendue depuis dix ans et entrée en vigueur le 21 avril 2009.

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