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Haïti

57 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 27 750 km2
  • Population : 9 500 000
  • Langues : créole, français
  • Chef de l’État : René Préval (depuis mai 2006

L’enjeu de la liberté de la presse, en progrès depuis 2006, se pose désormais moins que celui de la reconstruction des médias, après le terrible séisme du 12 janvier 2010.

Depuis le 12 janvier 2010, journalistes et médias haïtiens se posent moins la question de leur liberté que celle de leur survie. Comment exercer sa profession lorsque l’on est soi-même sinistré ? Comment maintenir sa programmation lorsque les moyens manquent comme jamais ? Le tremblement de terre qui a causé la mort de plus de 200 000 personnes à Port-au-Prince et dans ses environs a presque réduit à néant l’important parc radiophonique de la capitale. Aux premières heures du séisme, seules les stations privées Signal FM et Caraïbes FM, cette dernière réinstallant son studio à même la rue, parvenaient à transmettre.

Soutiens indispensables à l’action humanitaire et piliers de la culture locale, certaines radios ont tout de même pu reprendre leurs émissions quelques jours après le séisme. Une vingtaine parmi la cinquantaine que compte Port-au-Prince fonctionne normalement, ou avec une programmation réduite. Mais la question de la viabilité des petites antennes communautaires demeure d’actualité. A Petit-Goâve, très affectée par le séisme, les dix-sept stations locales ont pris l’initiative originale de consacrer ensemble trois heures d’émissions spéciales à la catastrophe, à ses suites et aux moyens de se prémunir des prochaines.

De diffusion déjà limitée, la presse écrite est aujourd’hui ruinée. Les deux quotidiens du pays, Le Nouvelliste (14 000 exemplaires) et Le Matin (5 000), n’ont pu reparaître que grâce au support Internet, auquel tous les Haïtiens n’ont pas accès. Les deux titres envisagent une publication au rythme hebdomadaire. Le Matin, qui disposait d’une imprimerie en Haïti pendant les sept mois précédant le séisme, devra retourner à ses anciennes rotatives en République dominicaine voisine.

Justice ne sera probablement rendue dix ans après l’assassinat, le 3 avril 2000, de Jean Dominique, le directeur de Radio Haïti Inter. Certains prisonniers ont d’ailleurs profité du tremblement de terre pour s’évader, ce qui laisse craindre des règlements de comptes. Dans l’affaire Brignol Lindor, de la radio de Petit-Goâve Echo 2000, assassiné le 3 décembre 2001, deux individus avaient été tardivement reconnus coupables et condamnés.

Fiche réactualisée en mars 2010

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