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Le coup d’État du 28 juin 2009 a plongé le pays dans la répression et la censure. Les médias et les journalistes opposés au putsch figurent parmi les cibles prioritaires du nouveau régime. L’insécurité déjà élevée s’est encore aggravée.
Le pays était déjà connu pour un niveau d’insécurité élevé, qui frappe les journalistes comme les autres citoyens. Trois professionnels des médias ont été assassinés au premier semestre 2009, et le mobile de ces crimes reste inconnu comme leurs auteurs. Prenant de court la communauté internationale, le coup d’État du 28 juin qui a renversé le président élu Manuel Zelaya, en fonction depuis 2006, a totalement plombé une liberté de la presse déjà fragile. A peine le chef de l’État délogé du palais présidentiel et expulsé, les médias suspectés de sympathie à son égard ont aussitôt fait l’objet d’occupations de l’armée et de suspension. Ainsi Radio Progreso, une station associative de province dirigée par la communauté jésuite, réduite au silence quelques heures seulement après le putsch et revenue depuis sur les ondes. Ainsi la station régionale Radio Uno de San Pedro Sula, victime d’un véritable assaut militaire. La répression sévère, qui a fait 28 morts et quelque 4 000 victimes d’arrestations arbitraires, de tortures et de mauvais traitements, a très souvent visé des professionnels des médias. Outre des expulsions de journalistes étrangers, la seule mention de « coup d’État » a même valu la fermeture totale aux deux principaux médias nationaux proches de la résistance au putsch – Radio Globo et la chaîne Canal 36 – durant l’état de siège qui a suivi le retour clandestin de Manuel Zelaya, le 21 septembre. La presse en ligne, embryonnaire, a subi des interruptions ou des blocages réguliers. Les menaces et intimidations ont souvent rythmé le quotidien des petites radios communautaires. Enfin, le quotidien Diario Tiempo, seul titre de la presse écrite nationale a avoir suivi une ligne éditoriale d’opposition au coup d’État, a essuyé des actes de sabotage et des manœuvres de chantage économique. Mais hormis les médias mentionnés, la majorité de la presse hondurienne, aux mains d’hommes politiques influents, a constitué le socle d’un coup d’État déguisé en « succession présidentielle ». Les quotidiens La Tribuna, El Heraldo ou La Prensa, la station HRN ou encore le groupe Televicentro ont relayé et nourri le discours du gouvernement de facto, sans craindre d’exposer leurs journalistes de terrain et leurs rédactions aux représailles d’une population en colère. La polarisation extrême née du coup d’État s’est logiquement répétée lors de la campagne pour les élections générales du 29 novembre, au moyen de laquelle les putschistes espéraient sortir de la crise. Marqué par de nouvelles attaques contre des médias d’opposition, le scrutin a porté au pouvoir un soutien du coup d’État, Porfirio Lobo.
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