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De retour au pouvoir après seize années passées dans l’opposition, Daniel Ortega et son entourage entretiennent des relations conflictuelles avec une grande partie de la presse privée. La forte polarisation politique du pays, qui affecte l’intérieur même de la mouvance sandiniste, explique pour beaucoup cette situation
Le second semestre de l’année 2008 a vu s’aggraver des tensions déjà fortes entre la présidence de la République et les ténors de la presse privée. La première dame, Rosario Murillo, coordinatrice du groupe d’action les Conseils du pouvoir citoyen (CPC), a attisé au premier chef une campagne de calomnie contre deux journalistes issus de la mouvance sandiniste et réputés critiques. Sous le coup d’une procédure judiciaire abusive, ouverte à la demande du ministère de l’Intérieur et actuellement suspendue, Carlos Fernando Chamorro, dirigeant du Centre d’investigation de communication (CINCO), et Sofía Montenegro, présidente du Mouvement autonome des femmes (MAM), ont été les cibles d’attaques personnelles, de menaces et d’intimidations relayées en haut lieu. Une véritable chasse aux sorcières s’est engagée contre des ONG et des médias privés accusés de vouloir « déstabiliser le gouvernement » ou de « travailler pour la CIA ». Elle a notamment conduit le journaliste et éditorialiste Edgar Tijerino à renoncer à ses commentaires politiques qui, depuis des décennies, rythmaient la vie des auditeurs de programmes sportifs au Nicaragua. La chasse aux sorcières s’est également traduite par des actes d’intimidation de militants des CPC contre le quotidien La Prensa, cible de poursuites judiciaires pour « injures » et « calomnies » par trois députés de l’Alliance libérale nicaraguayenne (ALN), alliée du gouvernement. Les « injures » et « calomnies », également imputées par ces derniers à Santiago Aburto, de Canal 12 et à Jaime Arellano, ancien présentateur de Canal 2, ont fait écho à d’incessantes diatribes contre leur personne par des officiels, via la chaîne progouvernementale Canal 4. Jaime Arellano a été convoqué, en octobre 2008, par le parquet pour avoir réalisé, au mois d’août dernier, une interview de l’ancien président mexicain Vicente Fox, interview qualifiée d’ « ingérence extérieure » à la veille des élections municipales du 9 novembre 2008.
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