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Panama

55 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 78 200 km2
  • Population : 3 300 000
  • Langue : espagnol
  • Chef de l’État : Ricardo Martinelli (depuis juillet 2009)

Les agressions contre les journalistes sont rares au Panama. Les atteintes réelles à la liberté de la presse se limitent à des tracasseries administratives ou judiciaires ciblées. Une réforme du code pénal a mobilisé contre elle la profession en 2007.

A l’image de son voisin le Costa Rica, le Panama détonne dans une Amérique centrale réputée pour sa dangerosité. Les cas d’agressions contre des journalistes sont rarissimes dans l’isthme. L’insécurité, bien moindre qu’au Guatemala, au Honduras ou au Salvador, a tout de même coûté la vie, en avril 2008, au photographe du quotidien El Siglo, Eliecer Santamaría. Les motifs d’inquiétude pour la profession viennent davantage des relations parfois tendues entre les rédactions et le pouvoir politique, à l’origine d’abus administratifs ou judiciaires. Ainsi, en septembre 2008, la justice a-t-elle ordonné la saisie des biens et avoirs bancaires d’El Periódico, à la demande de l’entrepreneur Herman Bern. Ce dernier avait été cité dans les colonnes de l’hebdomadaire pour une affaire de fausse déclaration au fisc. L’autorité judiciaire a parfois la mémoire plus longue, quitte à s’acharner. Le 18 février 2009, elle a condamné à une peine de deux ans de prison ferme et cent jours-amendes, Jean Marcel Chéry, Gustavo Aparicio et le photographe John Watson pour une « violation de domicile » remontant à 2001. La plainte venait du magistrat de la Cour suprême de justice, Winston Spadafora. Ce dernier - ministre de l’Intérieur et de la Justice à l’époque des faits - avait été mis en cause dans une affaire de détournement de fonds publics et de construction illégale. Condamnés une première fois à douze mois de prison pour « diffamation et injure », les trois journalistes avaient bénéficié d’une amnistie présidentielle en 2004. La justice était revenue à la charge contre Jean-Marcel Chéry, devenu depuis directeur du quotidien El Siglo et un temps président du Collège national des journalistes (CNP), en ordonnant la saisie de ses biens et avoirs. Obtenant gain de cause à chaque fois, Jean-Marcel Chéry a interjeté appel avec ses collègues de la dernière condamnation pour « violation de domicile ». Toute aussi surprenante a été, en 2008, l’interdiction de sortie du territoire notifiée à Bienvenido Brown, du quotidien La Estrella de Panamá, alors qu’il devait se rendre aux Jeux Olympiques de Pékin. Le chroniqueur sportif avait fait l’objet d’une plainte de l’Institut panaméen des sports (Pandeportes), dont il dénonçait la mauvaise gestion. L’affaire datait pourtant de 2005. Enfin, les journalistes panaméens n’ont toujours pas digéré une réforme du code pénal limitant les fuites dans la presse et les divulgations d’informations à caractère personnel, et punissant les contrevenants de jours-amendes, de prison ou, « à défaut », de détention en fin de semaine. Les protestations, jusqu’à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), n’ont en rien dissuadé le président sortant, Martín Torrijos, de promulguer la nouvelle législation, le 21 mars 2007.

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