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Nombreuses sont les agressions directes contre des journalistes, commises au grand jour par des fonctionnaires, des policiers, des responsables syndicaux et parfois même des élus. Malgré la récente condamnation de l’ancien président Alberto Fujimori, l’impunité est tenace dans les cas les plus graves.
Le nombre d’attaques contre les médias, d’agressions ou de menaces de mort contre les journalistes est traditionnellement élevé dans un pays encore marqué par des années de guerre civile opposant l’armée au Sentier lumineux, qui a fait 70 000 morts entre 1980 et 2000. Si la guérilla maoïste est aujourd’hui résiduelle dans les faits, son nom sert parfois de marque de fabrique pour intimider des journalistes, dans des zones où le principal danger vient en réalité du narcotrafic. Les assassinats sont rares. La particularité péruvienne tient surtout aux agressions directes contre des journalistes, commises au grand jour par des fonctionnaires, des policiers, des responsables syndicaux et parfois même des élus. Le profil des agresseurs explique pour beaucoup le laxisme judiciaire qui encourage ce genre de situation. Pour les cas les plus graves, la justice prend du temps. En témoigne la condamnation définitive par la Cour supérieure de justice, en juin 2008, de deux militaires reconnus coupables de l’assassinat, vingt ans plus tôt, au plus fort de la « guerre populaire », d’un correspondant de la revue Caretas, Hugo Bustíos. Commis en 2004, les assassinats de deux journalistes de radio - Antonio de la Torre Echeandia et Alberto Rivera Fernández - ont donné lieu à d’incroyables volte-face judiciaires destinées à épargner les élus suspectés de les avoir commandités. Dans l’une et l’autre affaire, la justice a eu la main nettement plus lourde contre des exécutants ou des intermédiaires. Le Pérou a commencé à solder les comptes du passé avec le long procès d’Alberto Fujimori. Accusé de graves violations des droits de l’homme commises sous sa présidence et condamné, le 7 avril 2009, à vingt-cinq ans de prison, l’ancien chef de l’État était notamment poursuivi pour la séquestration, en 1992, du journaliste Gustavo Gorriti. La presse n’est pas quitte pour autant. Au début de l’année 2009, Raúl Wiener, chef de la rubrique “investigation” du quotidien La Primera, a fait l’objet d’une curieuse procédure pour « délit contre la tranquillité publique et terrorisme », après avoir révélé l’ouverture d’une procédure du même type contre treize personnes suspectées de liens avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). L’affaire a fait scandale dans les rangs du Congrès et contraint le gouvernement à démentir toute implication.
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