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Uruguay

29 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 176 220 km2
  • Population : 3 400 000
  • Langue : espagnol
  • Chef de l’État : José Mújica (depuis novembre 2009)

Le pays fait exception sur un continent dominé par une forte polarisation médiatique. La dépénalisation des délits de presse a été adoptée. L’accès à l’information publique, garanti par une récente législation, se heurte toujours au refus des militaires de livrer les archives de la dictature.

Les attaques directes contre la presse sont rares, à l’est du Rio de la Plata. Sur un continent dominé par une très forte polarisation médiatique, l’Uruguay fait exception. En 2007, le pays s’est doté d’une législation très novatrice concernant les médias communautaires, puis en 2008 d’une loi d’accès à l’information publique. Dans les deux cas, avant leur vote par le Congrès et leur promulgation par le président de la République, l’élaboration des textes a été confiée à un groupe de travail ad hoc associant administration, société civile et représentants de la profession. La même méthode a présidé à la rédaction d’un important projet de loi modifiant l’actuelle législation sur la presse et réformant le code pénal. En conformité avec la Constitution et la Convention interaméricaine des droits de l’homme, ces amendements portent sur la suppression du délit d’ « outrage » ainsi que la dépénalisation de la « diffamation », de l’ « injure » - sauf en cas d’atteinte délibérée à la vie privée - et d’« insulte aux symboles patriotiques ». Voulue par le président Tabaré Vázquez, approuvée en Conseil des ministres en octobre 2008, cette réforme a été adoptée au Congrès. Malgré ce panorama encourageant, le pays n’a pas soldé les comptes du passé et en particulier ceux de la dictature militaire (1973-1985). La loi de caducité, approuvée par référendum après le retour à la démocratie, qui épongeait la plupart des crimes, suscite un nouveau débat et des procès de militaires ont commencé à s’ouvrir. Cependant, l’accès à l’information publique acquis dans la nouvelle loi se heurte toujours au refus des militaires de livrer leurs archives et certains journalistes ont fait l’objet de menaces. Le traitement d’autres sujets sensibles comme la corruption ou les abus des forces de l’ordre sont également sources d’insécurité. Approuvée par la Chambre des députés le 10 juin 2009, six mois après son adoption unanime au Sénat, la loi dépénalisant les délits de “diffamation”, d’“injure” et d’“outrage” commis par voie de presse a été promulguée le 9 juillet 2009. L’une des modifications les plus importantes de la nouvelle législation porte sur l’article 336 du code pénal, qui consacre la dépénalisation de la diffamation au nom de l’”intérêt public” d’une information. Cette même modification, au nom du même critère, protège également les manifestations ou représentations de types humoristique ou caricatural. En cas d’atteinte présumée à la vie privée, l’”intention de nuire” délibérée doit être établie pour qu’une peine soit prononcée.

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