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Mauritanie

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  • Superficie : 1 025 520 km2
  • Population : 3 044 000
  • Langues : arabe, français
  • Chef de l’Etat : Ba Mamadou dit M’Baré (par intérim), depuis avril 2009

Sur le plan politique, après quatre années d’alternance parfois heurtée entre pouvoir militaire et pouvoir civil, le pays peine à se stabiliser. S’agissant de la presse, la législation est la plus favorable de la sous-région et aujourd’hui, même si les défis auxquels font face les journalistes de Nouakchott sont complexes, la situation est satisfaisante.

La transition initiée par le coup d’Etat du 3 août 2005 a radicalement changé le climat pour la presse mauritanienne. Les verrous de la censure ont été levés dans les semaines qui ont suivi la chute du gouvernement. Les obstacles bureaucratiques à la parution des journaux, sous lesquels se cachait une machine à réprimer, ont été écartés. La diffusion de RFI a été rétablie. Depuis cette date, la Mauritanie a passé de nombreuses épreuves avec succès – un référendum constitutionnel, des élections municipales, législatives et présidentielle justes et transparentes – mais a aussi connu des retours en arrière, sur le papier en tout cas, et fait face à de nouveaux problèmes – coup d’Etat d’août 2008 et incertitude à l’approche de l’élection présidentielle de juin 2009. Même si la situation reste fragile et que les chantiers sont nombreux, la liberté de la presse est une réalité en Mauritanie.

En 2007 par exemple, en plein effort de transition démocratique, la Mauritanie a été le théâtre d’une expérience rare en Afrique : la couverture équilibrée de toutes les forces politiques pendant la campagne électorale d’un scrutin présidentiel. Reporters sans frontières avait constaté, au cours d’une mission de monitoring de la couverture de l’actualité électorale, que les médias publics mauritaniens avaient respecté les règles d’équité entre les candidats. Un défi relevé grâce aux travaux de l’organe de régulation des médias (la Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel – HAPA), des directions et des journalistes de la radio, de la télévision, du quotidien public et de l’agence de presse.

Depuis la chute de la dictature de Maaouiya Ould Taya, en 2005, les problèmes de la presse mauritanienne sont à la fois plus légers et plus complexes. A l’époque, en vertu de l’article 11 de l’ordonnance-loi du 25 juillet 1991 relative à la liberté de la presse, les journaux étaient régulièrement saisis et les journalistes jetés en prison, dès lors qu’ils abordaient des sujets "tabous". Avec la nouvelle législation démocratique, les journaux ont fleuri, libres d’aborder les sujets sensibles. Il reste toutefois que la presse mauritanienne est divisée et que des journaux à scandale, dits "peshmergas", ont fini par avoir pignon sur rue. Au lieu de fournir des informations crédibles et vérifiées, les clans y règlent leurs comptes à coups de dénonciations calomnieuses. Abdel Fettah Ould Abeidna, directeur du quotidien arabophone Al-Aqsa, une publication dont les pratiques déontologiques sont souvent discutables, a ainsi passé quatre mois en prison avant d’être gracié, en avril 2009, par le général Ould Abdel Aziz, chef de la junte au pouvoir. Le journaliste avait été condamné à un an de prison ferme et à de lourdes amendes pour avoir diffamé l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, en le mettant en cause dans une vaste affaire de trafic international de cocaïne. Selon des journalistes mauritaniens interrogés par Reporters sans frontières, les articles attaquant Mohamed Ould Bouamatou avaient été commandés et payés par un clan rival pour disqualifier l’homme d’affaires.

L’affaire Abdel Fettah Ould Abeidna rappelle que la prison n’est pas une réponse adéquate et qu’il appartient au gouvernement avant tout d’aider la presse à survivre dans un environnement économique difficile.

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