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Somalie

164 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 637 660 km2
  • Population : 9 658 666
  • Langue : somali
  • Chef de l’Etat : Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, depuis 2009

Sans gouvernement stable depuis 1991, la Somalie est le pays d’Afrique le plus meurtrier pour les journalistes. Assassinats et agressions, arrestations et enlèvements, les rares professionnels des médias somaliens ou travaillant en Somalie vivent un cauchemar. Mettre un terme à cette triste situation doit logiquement être une priorité des nouvelles autorités.

Revenu de son exil en Erythrée, où le gouvernement d’Asmara lui a fourni une assistance et une tribune internationale pendant l’occupation de la Somalie par les forces éthiopiennes, Sheikh Sharif Ahmed doit relever d’immenses défis. Elu à la tête de l’Etat, fin janvier 2009, et soutenu par les Nations unies, le nouveau président de la Somalie doit remettre son pays sur pied économiquement, le stabiliser politiquement, et garantir enfin la sécurité de la population. Il doit en outre, avec son gouvernement, contribuer à mettre fin à l’hécatombe qui frappe les médias.

Dès le 1er janvier 2009, comme un signe annonciateur d’une nouvelle année de terreur, la communauté des journalistes somaliens a perdu l’un des siens. Ce jour-là, Hassan Mayow Hassan, journaliste de Radio Shabelle, a été abattu de deux balles dans la tête par un membre d’une milice progouvernementale, après qu’il avait mentionné auprès de ce dernier sa qualité de journaliste. Un mois plus tard, Saïd Tahlil, directeur de la radio privée HornAfrik et figure du journalisme en Somalie, a été tué de quatre balles dans le cœur alors qu’il se rendait, avec d’autres directeurs de radios, à un rendez-vous fixé par des représentants de la milice islamiste armée Al-Shabaab, dans leur fief du marché de Bakara, à Mogadiscio. Avant ces deux journalistes, le vice-président de la National Union of Somali Journalists (NUSOJ) et collaborateur de plusieurs médias étrangers, notamment la BBC, avait été assassiné en juin 2008, comme huit autres journalistes au cours de l’année 2007. En un peu plus de deux ans, onze journalistes ont ainsi été abattus.

La plupart de ces crimes sont à attribuer aux insurgés islamistes baptisés les "Shabaab" ("La jeunesse"). Cette milice de jeunes radicaux, d’abord bras armé des tribunaux islamiques dirigés par Sheikh Sharif Ahmed, est désormais en lutte contre le nouveau président de la Somalie, qu’elle considère comme un "modéré" trop proche de l’Occident, ainsi que contre tous les "traîtres", syndicalistes, universitaires ou journalistes.

Face à une telle situation d’insécurité, plusieurs dizaines de journalistes ont choisi la route de l’exil et d’autres sont terrés chez eux après avoir abandonné le métier. Ceux qui continuent d’exercer sont en permanence sous la menace d’une arrestation arbitraire et d’une détention abusive, que ce soit dans la Somalie du Sud, où se trouve Mogadiscio, dans la région semi-autonome du Puntland (Nord) ou dans l’Etat autoproclamé du Somaliland (Nord-Ouest). Car non seulement les journalistes somaliens sont victimes de la violence politique, mais ils sont également des cibles privilégiées pour les forces de sécurité ou les autorités locales et provinciales qui voient en eux des témoins gênants du chaos qui règne dans le pays.

Enfin, la pratique du kidnapping, devenue un véritable commerce, s’est généralisée. Au Puntland, où piraterie et embarquement d’armes et de clandestins à destination des pays du Golfe sont devenus la règle, de petits groupes mafieux, constitués sur des bases claniques et appuyés par leurs propres milices, se partagent ce trafic très lucratif. Les journalistes venus enquêter sur ces sujets en font les frais. En décembre 2007, le cameraman français indépendant Gwen Le Gouil, en reportage pour la chaîne franco-allemande Arte, a été kidnappé puis libéré au bout d’une semaine. Les revendications des ravisseurs étaient crapuleuses. Même chose un an plus tard pour le photographe espagnol José Cendon et le journaliste britannique Colin Freeman, détenus près de Bosasso pendant plus d’un mois. Enfin, la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan, enlevés le 23 août 2008 près de Mogadiscio, sont toujours séquestrés par leurs ravisseurs.

Fiche réactualisée en mai 2009

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