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Togo

62 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 56 785 km2
  • Population : 6 150 000
  • Langue : français
  • Chef de l’Etat : Faure Gnassingbé, depuis 2005

La situation de la liberté de la presse au Togo est plutôt bonne. Mais le pays revient de loin. Sous le long règne du président Gnassingbé Eyadéma, les menaces et agressions contre la presse étaient la règle.

Le quotidien des journalistes togolais a changé depuis 2005. Le nouveau gouvernement, appuyé par la communauté internationale, a ouvert un dialogue avec les professionnels des médias, et aujourd’hui les cas de répression grave de la liberté de la presse sont plus rares. L’organe de régulation des médias, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), s’est renforcé et les autorités ne font plus appel à la police ou au procureur pour régler leurs différends avec la presse. Certes des journalistes se plaignent d’être surveillés, et parfois réprimés, par les nostalgiques de la dictature. Pour certains, l’autocensure demeure un réflexe de survie. Rien de comparable cependant avec la situation qui prévalait auparavant.

Au plus fort du règne despotique du général-président Gnassingbé Eyadéma, toute critique du régime était considérée comme un crime d’Etat. Les arrestations arbitraires, les suspensions abusives et les menaces de mort étaient le lot quotidien des journalistes togolais. Les correspondants de la presse étrangère étaient des cibles privilégiées. L’un d’entre eux a été abattu par balles, en 1993, avant qu’un autre soit contraint, en 2002, à un exil forcé. Dans les dernières années du régime, plus d’une dizaine de professionnels de la presse avaient été victimes de la répression du doyen des présidents du continent africain et avaient été incarcérés. Par ailleurs, tous les ans, des milliers d’exemplaires de journaux privés étaient saisis et confisqués ou détruits par la police. En août 2004, face à la pression de l’Union européenne, le Togo avait dépénalisé les délits de presse. Mais le pouvoir restait irascible et n’hésitait pas à s’en prendre aux journalistes indociles.

La mort du patriarche, le 5 février 2005, après 38 ans de règne, a sérieusement bousculé le paysage politique du pays. Porté par l’armée, son fils Faure a été élu lors d’une élection contestée et marquée par des violences de rue. Une vague de répression s’est abattue sur les radios privées, fer de lance de l’opposition au pouvoir des militaires. Les journalistes n’ont pas échappé aux nombreuses bavures policières. Plusieurs représentants de la presse étrangère ont, de leur côté, été pris à partie par des manifestants hostiles à la France et galvanisés par le gouvernement, déclarant qu’ils faisaient le jeu de l’opposition. Après cette transition douloureuse, la situation s’est nettement améliorée.

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