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Zimbabwe

136 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 390 760 km2
  • Population : 13 228 000
  • Langues : anglais, shona, ndebele
  • Chef de l’Etat : Robert Mugabe, depuis 1987

L’année 2009 est celle de tous les espoirs pour la liberté de la presse au Zimbabwe. Après plusieurs années d’une répression féroce orchestrée par Robert Mugabe, le nouveau gouvernement d’union nationale, conduit par l’ancien opposant Morgan Tsvangirai, a l’opportunité, si le chef de l’Etat lui en laisse le temps et les moyens, de permettre enfin aux médias de renaître de leurs cendres.

La presse zimbabwéenne est aujourd’hui un champ de ruines. En raison tout d’abord de la surveillance étroite et permanente des journalistes, s’appuyant sur un cadre législatif liberticide. Au vote de la loi sur "la protection de la vie privée et l’accès à l’information" (AIPPA), en 2002, qui avait déjà étouffé la presse libre et indépendante, s’est ajoutée la promulgation, le 6 août 2007, d’une loi sur "l’interception des communications". Celle-ci, venant renforcer la paranoïa de l’appareil politique et policier, accorde au gouvernement et à la police le droit d’intercepter, de lire ou d’écouter les courriels et les communications par téléphone portable, sans l’obligation d’engager une procédure judiciaire. En août 2008, les rédacteurs en chef des journaux du groupe Zimpapers ont été placés sous surveillance électronique, afin de mesurer leur fidélité au parti au pouvoir. Un an plus tôt, une "liste noire" de 15 journalistes supposés être des "agents de l’Ouest", collaborant avec des gouvernements hostiles au Zimbabwe, avait circulé au sein des services de renseignements.

Un champ de ruines également en raison de règlements et d’obstructions administratives ubuesques. Les journalistes zimbabwéens qui peuvent encore travailler dans le pays protègent leur accréditation, délivrée chaque année avec parcimonie par la toute-puissante Commission des médias et de l’information (MIC). Sans ce précieux sésame, ils risquent deux ans de prison. Quant aux journalistes étrangers, soumis aux coûts prohibitifs des accréditations, ils ne peuvent pratiquement plus se rendre à Harare. Un black-out presque total de l’information est tombé sur les sujets sensibles, tels les tensions sociales, la crise économique et le désastre sanitaire qui frappe l’ancien "grenier à blé" de l’Afrique australe.

Troisième cause du recul de la liberté de la presse au Zimbabwe : les brutalités policières et les injustices dont sont quotidiennement victimes les journalistes. Jestina Mukoko, ancienne animatrice de la Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC), puis de la station privée Voice of The People (VOP), et Shadreck Manyere, photojournaliste indépendant, ont tous deux été enlevés en décembre 2008 et accusés de "terrorisme". Détenus pendant plusieurs semaines à la prison de haute sécurité de Chikurubi, ils ont finalement été remis en liberté, respectivement en mars et en avril 2009. Auparavant, Edward Chikomba avait eu moins de chance que ses deux confrères. Cameraman free-lance et ancien collaborateur de la ZBC, son corps sans vie a été retrouvé le 31 mars 2007, deux jours après que le journaliste avait été kidnappé par des inconnus soupçonnés d’être des agents des services de renseignements. Aucune enquête sérieuse n’a jamais été menée.

Aujourd’hui, l’urgence est d’assouplir le cadre législatif, et d’encourager la presse indépendante, jadis une des plus vigoureuses d’Afrique, à repartir de l’avant. En 2002, avant que Robert Mugabe ne fasse voter l’AIPPA, la population se ruait tous les matins sur les journaux, notamment le quotidien privé The Daily News. Dirigé par des journalistes expérimentés, il était connu pour son indépendance, ses informations fiables et son sérieux. Fermé depuis 2003, il ne cesse de lutter pour être autorisé à reparaître.

Fiche réactualisée en avril 2009

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