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Aucun pays au monde n’est autant isolé que la Corée du Nord. Grâce à un strict contrôle des médias, le régime totalitaire nord-coréen maintient la population dans l’ignorance. On peut être envoyé en camp de concentration pour avoir écouté une radio basée à l’étranger.
Deux journalistes américaines de la chaîne Current TV ont été arrêtées par les autorités de Pyongyang, alors qu’elles enquêtaient à la frontière avec la Chine sur le sort des femmes nord-coréennes. Elles risquent jusqu’à 10 ans de travail forcé pour "activités hostiles". Des milliers de Nord-Coréens sont détenus pour avoir écouté une radio étrangère, passé des coups de téléphone à l’étranger sans autorisation ou questionné publiquement le parti unique.
Les forces de sécurité, notamment la sécurité d’Etat, sont chargées de maintenir cet isolement à tout prix. Depuis plusieurs années, le nombre d’exécutions de personnes accusées d’avoir communiqué avec l’étranger ne cesse d’augmenter. C’est pour avoir envoyé à l’étranger la vidéo d’une exécution publique que Kim Sung Chul est détenu depuis octobre 2006. Un journaliste de la télévision nord-coréenne, Song Keum Chul, serait également détenu dans un camp depuis 1996 pour avoir mis en cause la version officielle du parti dirigé par Kim Jong-il sur certains événements historiques.
La Corée du Nord est l’un des pays les plus difficiles à couvrir pour la presse étrangère. Les autorités accordent des visas de presse à l’occasion de manifestations culturelles ou sportives, ou lors de visites de responsables étrangers. Une fois sur place, les reporters sont étroitement surveillés par des officiels qui les empêchent notamment de communiquer avec la population. Des régions entières du pays sont complètement fermées à la presse internationale.
Il est par ailleurs très difficile pour la presse étrangère d’enquêter librement dans les provinces chinoises frontalières. Les investigations sur le sort des réfugiés et sur les trafics frontaliers sont périlleuses. "Les descentes de la police chinoise et la présence de nombreux agents nord-coréens infiltrés rendent très compliqué le travail à la frontière", explique un journaliste d’une radio indépendante nord-coréenne basée à Séoul.
Les médias nord-coréens n’ont pas évoqué l’attaque cérébrale subie par Kim Jong-il en 2008. Mais en avril 2009, au lendemain du lancement d’une fusée, les médias d’Etat ont diffusé des images de célébrations populaires, vantant la gloire du programme spatial et, bien entendu, le rôle primordial joué par Kim Jong-il. Aucun média n’a pu évoquer le fait que le satellite sensé avoir été propulsé par la fusée n’a en réalité pas été mis sur orbite.
Kim Jong-il contrôle directement la presse nord-coréenne, notamment Le Journal des travailleurs, l’agence de presse Korean Central News Agency, et la télévision nationale JoongAng Bang Song. Chaque journaliste est endoctriné afin de pouvoir restituer, sans erreur, la grandeur du président défunt Kim Il-sung et de son fils. La presse est également chargée de démontrer la supériorité du socialisme nord-coréen sur la “corruption bourgeoise et impérialiste”. Une erreur de frappe coûte cher : plusieurs journalistes nord-coréens ont été envoyés dans des camps de “révolutionnisation” pour une simple faute d’orthographe.
Les radios indépendantes nord-coréennes installées en Corée du Sud, et soutenues par Reporters sans frontières, diffusent des programmes sur les droits de l’homme qui tranchent avec l’abrutissante propagande des médias du Nord. Malgré les vérifications des postes radio (chaque appareil, sous scellés, ne peut être réglé que sur les fréquences des radios officielles) par la police, un nombre de plus en plus important de transistors non bridés entrent par la frontière chinoise.
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