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Inde

105 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 3 287 590 km2
  • Population : 1 147 995 898
  • Langues : hindi, anglais
  • Chef du gouvernement : Manmohan Singh, depuis mai 2004

L’Inde est le pays du monde qui compte le plus grand nombre de médias. Le gouvernement de New Delhi s’abstient de censurer la presse, mais dans certains Etats, les potentats locaux ne se privent pas de faire pression. Les journalistes doivent également se méfier des groupes armés dans le Nord-Est, des militants religieux ou des forces de sécurité au Cachemire. Et les reporters étrangers doivent affronter une administration tatillonne pour obtenir des visas.

Le pays qui prétend être la plus grande démocratie du monde offre un cadre légal plutôt favorable à la liberté des médias. Les journalistes indiens sont jaloux de leur liberté et n’hésitent pas à la défendre dans la rue ou devant les tribunaux. La Constitution leur donne raison car elle garantit dans son article 19 la liberté d’expression, mais sous la condition que cela ne s’oppose pas à la "souveraineté et l’intégrité de I’Inde". Cependant, dans certains Etats, la sécurité des journalistes est précaire. Politiciens, groupes religieux et mafias menacent la liberté de la presse ;

Les attaques islamistes sur Mumbai ont été retransmises en direct par les télévisions indiennes. La justice a réagi en interdisant aux chaînes de rediffuser certaines images et déclarations des assaillants, et le gouvernement a proposé des "lignes de conduite" pour la couverture d’attaques terroristes. En mars, une cour antiterroriste a imposé un black-out sur le procès d’un groupe islamiste accusé d’avoir posé des bombes dans un train à Mumbai.

Sous la pression de groupes religieux ou d’officiels corrompus, la justice abuse parfois des inculpations et des placements en détention de journalistes. Ainsi, en décembre, un rédacteur en chef et deux assistants ont passé dix jours en prison pour avoir publié un livre dénonçant les violences contre la minorité chrétienne survenues dans l’Etat d’Orissa (Est). Ils ont été inculpés pour violation des articles 153-A et 295-A du code pénal indien qui punissent la publication de "littérature provocante pouvant troubler la paix et l’harmonie commune". Au Karnataka (Sud), cette fois, le directeur de publication B. V. Seetaram a été arrêté suite à une plainte en diffamation déposée par des supporters des autorités locales après sa libération. Le journaliste a affirmé craindre pour sa vie.

En mars, trois directeurs de publication récemment interpellés par la police ont dénoncé collectivement les pressions croissantes des "fondamentalistes". "Avant d’arrêter quelqu’un, les autorités doivent déterminer si la loi est applicable dans ce cas", affirme Ravindra Kumar, directeur du quotidien The Statesman, basé à Kolkata, qui a été inculpé en février pour "outrage aux sentiments religieux". Sous la pression d’une organisation musulmane, le journal a été contraint de présenter des excuses pour avoir publié un texte dénonçant l’érosion de la liberté de critiquer les religions.

Dans les Etats du Nord-Est, trois journalistes, dont un directeur de publication, ont été assassinés depuis le début 2008. Ils ont été éliminés par des groupes armés séparatistes ou des miliciens progouvernementaux pour avoir dénoncé la situation chaotique qui règne dans ces régions. Dans l’Etat du Chattisgarh (Centre), où les forces de sécurité affrontent la guérilla maoïste, des reporters locaux sont régulièrement accusés d’être des "maoïstes" par la police et des "traîtres" par les insurgés.

Au Cachemire, les forces de sécurité confrontées aux séparatistes et aux manifestations populaires répriment parfois férocement les médias, accusés de jeter de l’huile sur le feu. En juillet 2008, la presse a vécu des "semaines noires" avec un bilan très lourd : un cameraman a été tué, au moins 35 journalistes ont été frappés par des agents des forces de sécurité, les chaînes de télévision locales ont été censurées et la presse n’a pas pu être diffusée pendant plusieurs jours dans des conditions normales en raison du couvre-feu. Ces violences policières, notamment celles des agents de la Central Reserve Police Force (CRPF), sont rarement sanctionnées. De fait, la loi ne protège pas de la même manière les journalistes au Cachemire que dans le reste du pays.

Dans tout le pays, les journalistes d’investigation doivent se méfier des mafias. En novembre, un reporter du Hindustan Times dans l’Etat du Bihar (Nord-Est) a été abattu alors qu’il réalisait une enquête sur un trafic de drogue dans la région.

Les journalistes étrangers ne sont pas toujours les bienvenus en Inde. Ainsi, des reporters américains, britanniques, français ou suédois se voient systématiquement refuser des visas comme si leurs noms étaient inscrits sur une "liste noire". Ainsi, deux journalistes suédois ont vu leurs demandes de visas rejetées peu après avoir diffusé des reportages sur les problèmes sociaux en Inde. Avant les élections de 2009, des envoyés spéciaux ont dû affronter des délais anormaux pour obtenir des visas de presse.

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