Accueil - Rapport mondial
Imprimer les fiches pays en un clic
La presse est libre, mais des milliers de journalistes travaillent dans la peur de représailles de la part de groupes armés et de militants politiques. On atteint des niveaux d’insécurité alarmants, avec plus de 214 menaces et agressions en 2008, particulièrement dans le Sud.
Le pays himalayen, devenu une république en 2008, est une terre propice aux médias indépendants. Malgré un taux d’alphabétisation assez faible et une pauvreté endémique, de nombreux quotidiens et hebdomadaires sont diffusés dans tout le pays. Tandis que les chaînes de télévision et les radios, notamment communautaires, sont de plus en plus populaires.
Mais la sécurité n’est pas revenue avec la fin en 2006 de la "guerre populaire" menée par les maoïstes. Et au vu du nombre d’actes hostiles envers la presse commis par des militants maoïstes, on peut douter de la réelle bonne volonté du parti majoritaire de respecter l’indépendance des médias. Ainsi, les publications au ton le plus libre, notamment Himal Media et Kantipur, ont été victimes d’une campagne d’intimidations. Les militants de la Young Communist League (YCL) et de la All Nepal Communications, Printing and Publications Workers Union (ANCPPWU), affiliées aux maoïstes, sont très régulièrement impliqués dans des violences contre les médias jugés hostiles au parti au pouvoir.
Dans le Sud, où sévissent des groupes violents qui se revendiquent du mouvement autonomiste des populations Madhesi, les correspondants des médias nationaux sont une cible facile. De fait, un débat libre sur le futur des populations du sud du pays est rendu impossible par l’autocensure forcée, et menace sérieusement le processus de paix et de démocratisation soutenu par les Nations unies.
On peut observer un "modèle" dans les attaques contre la presse. Les journalistes qui couvrent les événements de manière critique subissent des violences et les auteurs ne sont pas punis. Les autorités, notamment la police, ne remplissent pas leurs devoirs : prévenir ces agressions, punir leurs auteurs et réparer les dégâts. Les liens entre les partis politiques et certains auteurs de ces actes violents prouvent la complicité de dirigeants nationaux et locaux.
Le Premier ministre maoïste, Pushpa Kamal Dahal, a assuré, début 2009, à une délégation d’organisations de défense de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières, que des enquêtes seraient rouvertes sur les cas de journalistes tués ou disparus. Mais la police est vite dépassée quand il s’agit d’identifier les auteurs des agressions et des menaces.
En 2007, le gouvernement a promulgué deux lois favorables aux journalistes, dont l’une sur le droit à l’accès à l’information. Mais l’absence de directives claires ne permet pas aux médias d’accéder à toutes les informations essentielles au travail d’investigation.
Fin 2008, le gouvernement a signé avec la Fédération des journalistes népalais un document en dix points pour améliorer la situation de la liberté de la presse, mais les promesses n’ont pas été respectées et les violences continuent.
Signer les pétitions