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Thaïlande

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  • Superficie : 514 000 km2
  • Population : 65 493 298
  • Langue : thaï
  • Chef du gouvernement : Abhisit Vejjajiva, depuis décembre 2008

Les crises politiques à répétition affectent les médias thaïs. Plusieurs journalistes ont été agressés par des manifestants et des dizaines de médias sont censurés pour avoir soutenu ouvertement les "chemises rouges". Mais c’est la répression engagée contre les internautes et intellectuels pour de supposés crimes de lèse-majesté qui posent les plus graves problèmes pour la liberté d’expression dans le pays.

La presse thaïe est bien plus libre que celles des pays voisins. Les principaux quotidiens en anglais The Nation et Bangkok Post et en thaï Matichon, Khaosod Daily et Thai Rath jouissent d’une réelle liberté de ton, sauf sur un sujet tabou : le roi et la famille royale. Une majorité des journalistes thaïs expriment la même révérence pour le roi Bhumipol que la très large majorité de la population. Les autres sont contraints à l’autocensure.

Les manifestations des "chemises jaunes" et des "chemises rouges" qui ont tenté successivement de renverser des gouvernements favorables ou non à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, constituent des événements périlleux à couvrir pour la presse. Des reporters de télévision ont été agressés par des "chemises rouges". Les locaux d’une chaîne favorable aux "chemises jaunes" ont été la cible de tirs, fin 2008.

L’armée a réintégré ses casernes après le coup d’Etat de 2006, mais elle garde une présence dans le secteur des médias, en contrôlant plus de 120 radios et 2 chaînes de télévision. Sur le câble, des chaînes d’information, notamment celle du groupe Nation, tentent de couvrir l’actualité de manière neutre, mais d’autres, notamment ASTV, soutiennent les "chemises jaunes".

Profitant du chaos politique, des tueurs à gages ont abattu quatre journalistes en 2008, notamment deux correspondants de Matichon, célèbre journal de Bangkok. Dans le sud du pays, où l’armée s’oppose à une rébellion islamiste, un reporter a été tué et plusieurs autres blessés dans des attentats.

Le gouvernement a mis en place un système de censure et de surveillance d’Internet pour empêcher toute critique du roi. Selon le ministre de l’Information et des Communications, plus de 2 300 sites ont été bloqués.

En vertu de l’article 112 du code pénal, est coupable de crime de lèse-majesté “toute personne ayant diffamé, insulté ou menacé le roi, la reine, l’héritier présomptif ou le régent”. Une peine de trois à quinze ans de prison peut être requise. Et la loi relative à la cybercriminalité de 2007 accorde aux autorités le pouvoir de vérifier les informations personnelles des internautes sans contrôle judiciaire.

Des Thaïs et des étrangers paient le prix fort de cette nouvelle campagne de lutte contre le crime de lèse-majesté. L’auteur australien Harry Nicolaides a passé plusieurs mois en prison à Bangkok pour avoir publié un livre dans lequel il fait référence à l’attitude du fils aîné du roi envers l’une de ses maîtresses.

L’internaute thaï Suwicha Thakor a été condamné à dix ans de prison pour avoir publié une photo du roi retouchée, après avoir été reconnu coupable d’“offense” en vertu du Computer Act et de deux crimes de “lèse-majesté”. Un intellectuel renommé a fui le pays après avoir été la cible d’une nouvelle plainte.

Confrontées à des critiques internationales pour ces violations de la liberté d’expression, les autorités ont réagi par plus de contrôle. Un correspondant de la BBC a été lui-même l’objet de plusieurs plaintes pour "lèse-majesté”, et en janvier, un numéro de The Economist évoquant cette situation n’a pas été distribué dans le pays. Peu de temps auparavant, le gouvernement avait déclaré vouloir “éduquer les étrangers au crime de lèse-majesté”.

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