Accueil - Rapport mondial
Imprimer les fiches pays en un clic
Le 15 octobre 2008, le président sortant, Ilham Aliev, a été réélu avec près de 90% des voix. Bien que les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) aient contesté ces résultats et que le monitoring de la couverture médiatique de l’élection présidentielle, réalisé par Reporters sans frontières, ait prédit l’écrasante victoire d’Ilham Aliev, ce dernier s’est maintenu au pouvoir après avoir succédé à son père, Gueïdar Aliev, en 2003.
La réélection d’Ilham Aliev ne surprend pas davantage que sa position, ferme, à l’égard de la presse dans cette ancienne république soviétique. En effet, Aliev entretient des rapports teintés d’autoritarisme et de terreur avec le peu de médias indépendants existants en Azerbaïdjan. Les voix qui osent dénoncer les maux de ce régime (corruption, chômage,...) tenu d’une main de fer, s’exposent à de réels dangers. Agil Khalil, jeune journaliste pour le quotidien Azadlig, a été forcé à l’exil en 2008 après avoir été victime de lourdes pressions et d’intimidations. Le journaliste a échappé à une tentative d’assassinat, puis il a été contraint de quitter son travail, sa famille et son pays parce qu’il avait enquêté sur les pratiques de membres des services secrets. Malgré de nombreux appels de la communauté internationale au Président, le journaliste a continué de faire l’objet de violences. Il a même fait l’objet d’une parodie de procès. Si dénoncer la corruption de fonctionnement est risqué, couvrir des faits-divers l’est tout autant dans certaines régions du pays, comme le Nakhitchevan. Début 2009, alors que quatre journalistes (Turan Agency et IRFS) s’étaient rendus dans cette exclave de l’Azerbaïdjan, située à la frontière irano-arménienne, ils ont été malmenés et menacés par des policiers alors qu’ils tentaient d’enquêter sur la disparition mystérieuse d’un père de famille dans la région. Désormais, l’accès au Nakhitchevan est interdit aux journalistes. Plusieurs professionnels des médias sont toujours emprisonnés. Eynulla Fatullaïev, (Realny Azerbaijan et Gundelik Azerbaijan), a été condamné en appel, en janvier 2008, à 8 ans de prison. Mushfig Huseynov (Bizim Yol) a, quant à lui, été condamné, début 2008, à une peine de 6 ans de prison. Ganimat Zahidov (Azadlig) attend sa libération prévue en 2012. Cette répression acharnée s’étend au- delà des frontières du pays et atteint même les médias étrangers. Peu de temps après l’élection d’Ilham Aliev, le Conseil national de l’audiovisuel a décidé de suspendre, au 1er janvier 2009, la diffusion de certaines radio étrangères sur la FM azerbaïdjanaise. Ainsi, BBC, Radio Fee Europe/ Radio Liberty et Voice of America n’émettent plus en Azerbaïdjan. La sphère médiatique du pays souffre, aujourd’hui, d’un manque de pluralisme. La stratégie énergétique a pris le pas sur l’ouverture démocratique du pays, dont Ilham Aliev préfère vanter les richesses pétrolières et gazières. Ce dernier a obtenu, lors du référendum de mars 2009, le droit constitutionnel de se présenter à la fonction de président sans aucune limite. Un mois après ce plébiscite, le chef de l’État a pourtant entrepris de timides progrès avec la libération, le 9 avril 2009, du journaliste Sakit Zahidov (Azadlig).
Signer les pétitions