Facebook-twitterFacebook Twitter

Reporters Sans Frontières

Faire un don

Accueil - Rapport mondial

36686

Imprimer les fiches pays en un clic

Azerbaïdjan

146 sur 175 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 86 100 Km2
  • Population : 8 177 717 millions d’habitants.
  • Langue : azéri
  • Chef de l’Etat : Ilham Aliev depuis octobre 2003

A l’image du monopole politique exercé sur la société azerbaïdjanaise par la famille Aliev, la situation de la liberté de la presse dans le pays est mauvaise et ce de très longue date. Des caractéristiques que les récentes évolutions législatives ne font qu’ancrer encore plus profondément.

Fiche actualisée en mars 2010

Cent-quarante-sixième dans le classement 2009 de la liberté de la presse, présidé par un “Prédateur “ de la liberté des médias, l’Azerbaïdjan reste prisonnier de logiques autoritaires, en dépit d’événements positifs, comme certaines libérations de journalistes. Le cadre répressif qui enserre la société, interdit le pluralisme et favorise une polarisation d’ores et déjà pesante.

En octobre 2008, Ilham Aliev a été réélu pour cinq ans à la tête de l’Etat azerbaïdjanais, avec près de 90 % des suffrages, au terme d’un scrutin marqué par l’”absence de débats contradictoires dans les médias” (OSCE). Ce deuxième mandat présidentiel devait selon la Constitution être le dernier. Mais en mars 2009, la loi fondamentale du pays a été amendée, à la suite d’un référendum autorisant la levée des limitations au nombre des mandats présidentiels. Ilham Aliev peut désormais envisager un avenir politique aussi durable que celui de son père (Heydar Aliev), à la tête du pays de 1969 à 2003.

Le paysage médiatique local est extrêmement polarisé et la presse d’opposition, ou indépendante, est la cible de pressions sans fin. Le principal quotidien d‘opposition du pays, Azadlyg, a ainsi vu son rédacteur en chef (Ganimat Zahidov), et l’un de ses journalistes (Sakit Zahidov, tous deux frères) longuement emprisonnés. L’un de ses jeunes reporters Agil Khalil, qui avait révélé des faits de corruption parmi les forces de l’ordre, a fait l’objet en 2008 d’une campagne de haine, marquée par plusieurs tentatives d’assassinat, qui l’ont conduit à l’exil. Quant à l’assassinat, le 2 mars 2005, d’Elmar Hussynov, le charismatique rédacteur en chef de l’hebdomadaire Monitor, il n’est toujours pas élucidé, faute de volonté politique. Aucune instruction n’a été lancée, et aucun suspect n’a été identifié ni appréhendé.

Si Sakit Zahidov et Mushfig Husseynov ont bien été libérés en avril et décembre 2009, deux autres journalistes sont toujours emprisonnés : Ganimat Zahidov et Eynullah Fatullayev. Ce dernier est d’ailleurs sous le coup d’une nouvelle inculpation après qu’une fouille de sa cellule a opportunément permis d’y découvrir une faible quantité d’héroïne (0,22 gr). Le journaliste encourt une condamnation additionnelle à trois ans de prison, alors qu’il purge déjà une peine de huit ans de privation de liberté pour des articles critiques du régime.

Les voix dissidentes sont régulièrement prises pour cible par les autorités. C’est le cas de deux jeunes blogueurs, Adnan Hadjizade et Emin Milli qui ont diffusé une vidéo tournant en dérision plusieurs personnalités politiques de premier plan et qui ont été condamnés en première instance à deux ans de prison, officiellement pour “hooliganisme” (un délit hérité de la période soviétique). Ils sont détenus depuis juillet 2009 et leur procès en appel ne cesse d’être ajourné.

Cette volonté d’imposer le silence ne touche pas que les journalistes locaux. Ainsi, plusieurs radios étrangères très populaires sont toujours absentes de la FM azerbaïdjaniase, dont elles avaient disparu en janvier 2009. Il s‘agit de la BBC, de Radio Free Europe/ Radio Liberty et de Voice of America.

Une tendance de fond confirmée par l’adoption en février 2010 de plusieurs amendements à la loi sur les médias. Ces dispositions introduisent des restrictions drastiques à l’exercice du journalisme sous couvert de mieux protéger le droit à l’image des citoyens. Ainsi, il est désormais interdit de filmer, photographier ou enregistrer des personnes sans leur consentement explicite. La simple couverture de manifestations sur la voie publique telle qu’elle se pratique couramment, peut désormais être assimilée à un délit.

CLASSEMENT MONDIAL

ENNEMIS D'INTERNET

RAPPORT MONDIAL

Contactez-nous | Présentation de RSF