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La vague d’attentats qui a frappé le monde politique et médiatique au cours de l’année 2008 a terni l’image de la Croatie auprès de l’Union européenne, que le pays souhaite pourtant rejoindre rapidement. L’application des réformes entreprises par le gouvernement se heurte à la résistance d’un système judiciaire miné par des influences politiques ou par la corruption. Le développement régulier du secteur des médias ne s’accompagne pas pour autant d’un véritable pluralisme. Comme chez ses voisins de l’ex-Yougoslavie, les enquêtes sur les crimes de guerre et le poids des mouvements mafieux exposent les journalistes à de nombreuses pressions.
Le meurtre en octobre 2008 du journaliste Ivo Pukanic, propriétaire et ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire Nacional et de Niko Franjic, directeur marketing, tués dans un attentat à la bombe, a provoqué un véritable choc dans la société croate. L’assassinat d’Ivo Pukanic, qui avait déjà été la cible d’une tentative d’assassinat en avril 2008, pourrait être lié à ses enquêtes sur des activités de contrebande de cigarettes, ou à la publication en 2003 d’une interview de l’ex-général croate Ante Gotovina, recherché par le Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY) pour crimes de guerre. Rompant exceptionnellement avec l’impunité qui marque généralement les enquêtes sur les exactions contre la presse, le ministère de l’Intérieur a ouvert une enquête qui aurait permis d’identifier deux des assassins. Le 8 avril 2009, le ministre de l’Intérieur a également offert des récompenses totalisant près de 30 000 euros pour toute information qui permettrait leur arrestation.
Sans être taboues, les enquêtes sur les crimes de guerre commis lors du conflit serbo-croate (1991-1995) sont rares. Elles sont menées avec une très grande prudence. Le journaliste Zeljko Peratovic est victime depuis le janvier 2008 d’un harcèlement juridique de la part du ministre de l’Intérieur Tomislav Karamarko. Le journaliste avait dénoncé sur son blog (www.peratovic.blog.hr), l’obstruction pratiquée par Tomislav Karamarko dans l’enquête sur la mort de Milan Levar, un témoin protégé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), tué dans un attentat à la voiture piégée. Le ministre accuse le journaliste d’avoir contrevenu à l’article 322/1 KZA du code pénal qui prévoit une peine de prison d’un an et l’interdiction pour une durée indéterminée de diffuser de l’information.
Croatie - 15 janvier 2009
Le journaliste Zeljko Peratovic victime de harcèlement juridique
Croatie - 29 décembre 2008
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